Le blog de Pierre Regnault

Le nouveau Ministre de l’Education Nationale, Luc Chatel, avait convié cet après-midi au ministère, les représentants des différentes associations d’élus concernées par la mise en place du fameux Service Minimum d’Accueil (SMA) en cas de grève. Cette réunion a été convenue après les difficultés de mise  en place de ce très contesté « droit d’accueil ». Explications.


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Pierre Regnault

 

 

Etaient présentes l’Association des Maires de France, représentée par son président  jacques Pélissard, l’association des maires ruraux, des maires des communes de montagne, l’Association des Grandes Villes et la Fédération des Villes Moyennes que je représentais avec le maire UMP d’Epernay.

 

Ce type d’association est en général représentée par des élus de toutes tendances pour être représentatif des diverses collectivités.

Première surprise
 
: j’étais à ma connaissance le seul élu de gauche ! Je me demande bien pourquoi ? La tonalité de la réunion, très consensuelle, du moins au début s’en est ressentie.
 Simple avis : ne concerter qu’avec ses proches n’est pas inutile mais pas suffisant, ou alors il faut appeler cela autrement !

 

Très rapidement Luc Chatel qui est un bon communiquant (!) a donné le ton. En substance : 

« Je crois qu’après des débuts un peu difficiles, le SMA s’est mis en place progressivement. Nous avons procédé à des ajustements, donné des instructions de concertation aux inspections académiques, retiré nombre de recours auprès des tribunaux administratifs, notamment à l’encontre des petites communes, après le congrès des maires et l’intervention du président de la République… Bref c’est inscrit dans les  faits, mais je suis à l’écoute des associations pour améliorer encore le dispositif ».

 

Jacques Pélissard, président de l’Association des Maires de France est allé dans ce sens.

Très étonnant, car j’ai rencontré de nombreux maires – y compris de droite - qu'il est censé représenter, qui estiment que cette loi est difficile à mettre en œuvre pour les communes.

 

J'ai rappelé au Ministre que si le gouvernement voulait mettre en place un service minimum, il aurait dû comme à la SNCF, la RATP ou les hôpitaux, « réquisitionner » du personnel de l’Education Nationale pour assurer la continuité du service public, et non se décharger sur  les communes. Xavier Darcos avait reconnu, lui, que cela aurait été logique, mais qu’il était dans l’incapacité de le faire, ne pouvant se faire obéir de son personnel !

 

L'organisation est très difficile pour tous les maires. Etre prévenu seulement 48 heures avant la grève, place les communes dans l’incapacité de savoir si elles pourront mobiliser assez de personnel, car leur propre personnel a le droit de faire grève, communiquer au maire si les agents prévus pour le SMA seront grèvistes. Cette réalité se heurte, selon un élu présent, au fait que le Conseil  d‘Etat vient de refuser le droit aux communes de faire appel à des associations pour le faire !

 

Plusieurs collègues présents ont très justement insisté sur l’importance de la compétence des agents qui encadrent cet accueil.

 

Je me suis élevé contre le fait que les procédures juridiques contre les maires, engagées par les préfets, à la demande du gouvernement, n’aient été retirées que pour les petites communes. Je ne conteste pas que la mise en oeuvre de cette loi soit difficile pour elles, voire inapplicable. Mais que les pouvoirs publics exigent plus des villes moyennes ou grandes qui ont aussi des difficultés - différentes certes - mais réelles, ne me semble pas très républicain !

 

Par ailleurs la responsabilité pénale des maires ne me semble pas totalement dégagée en cas de problème important vis-à-vis d’un enfant.

D’autres élus ont confirmé leurs craintes également, demandant pour y faire face, l’accès au fichier des élèves pour mieux apprécier les exigences diverses que connaissent les enseignants, les ATSEM, mais pas les personnels encadrant le SMA (précaution alimentaire, médicale, etc.).

Mais là encore on se heurte à des difficultés juridiques.

 

Sur le fonds les utilisateurs de ce « droit » ne sont pas forcément ceux qui en ont le plus besoin…. Les difficultés d’organisation demeurent et demeureront un casse tête pour les communes qui n’ont ni le temps ni les informations pour réaliser une bonne organisation. Cela, alors que c’est l’Etat qui est responsable de l’éducation nationale.

On a là une illustration de la conception du gouvernement Sarkozy vis-à-vis des communes : on est là pour exécuter le bon vouloir du président, y compris avec l’arrière pensée de donner aux maires l’image de « briseurs de grève ».


Luc Chatel est là pour déminer dit-on. Je ne sais pas, car il annonce aujourd'hui même vouloir appliquer toutes les réformes engagées par Xavier Darcos (!) . En tout cas il aimerait bien que tous les élus disent que le SMA fonctionne bien ! Pas de chance, c'est loin d'être le cas.
  

On aura un autre exemple très prochainement de cette stratégie "sarkozyste", dans la « soi-disant » réforme des collectivités locales qui est en fait une loi de recentralisation et de quasi "mise sous tutelle" des collectivités. Nous en reparlerons. Je ne sais pas pourquoi, mais mon petit doigt me dit que SARKOZY  a mangé son pain blanc et que les élus, comme les français, vont de moins en moins avoir envie de se faire « rouler dans la farine ». Je prédis, comme l'an dernier, un congrès des maires en novembre plutôt sportif !

Lun 31 aoû 2009 5 commentaires
UNE seule solution , boycoter le dispositif , et si besoin conduire les enfants chez le préfet ou  l'Inspecteur d'Académie les jours de grève  ...... et là ils régiront !!!
Max B - le 01/09/2009 à 13h35
Bonne idée, tous nos enfants à a préfecture, pas dans les bureaus, chez le préfet........ peut être qu'il fera appel au CRS pour briser la manif .....de gamins à l'age de la maternelle
Lucie - le 01/09/2009 à 19h37
Mr le Maire, vous avez du vous sentir un peu seul parmi tous ces gens de droite. Je suis bien certain que vous aurez défendu votre dossier avec l'ardeur que nous vous connaissons. LE SMA, une bêtise innaplicable qui met en danger les enfants, entraine la responsabilité non seulement des élus, des encadrants plus ou moins qualifiés pour ce travail mais aussi la responsabilité des parents qui feront garder leur progéniture dans de mauvaises conditions d'accueil. Quant au Ministre qui dit ne pas pouvoir se faire obéir de son personnel !!!!! je laisse à tous les lecteurs de ce blog le soin d'en penser ce qu'ils veulent ....et éventuellement nous le dire
Gilles - le 01/09/2009 à 19h44
Après un ministre de l'éduction qui ne peut pas faire obéir son personnel, nous avons Hortefeux qui se voit couper l'herbe sous le pied par Le Président.
C'est sur , on peut penser que le Ministre n'aurait as osé dire les choses que le Président à dites .
Alors, est ce un Ministre pas capable de farie son travail ou un Président qui ne pense pas que ses Ministres sont à la hauteur ?
Il y a un peu plus de deux ans, sur ce blog, dans les commentaires, il y avait beaucoup de remarques sur ce que serait Sarkosy Président. C'était l'heure des suppositions, aujourd'hui, c'est une réalité .... une triste réalité
agricole - le 02/09/2009 à 20h45

Mais PDV va sauver la France. aux infos régionales, il avait l'air satisfait de lui même. Pourtant, si on en croit les journalistes, il semble avoir beaucoup de pertes de mémoire .. car souvenez vous, il n'a bien jamais critiqué son nouvel associé de Président. Les reportages montrés ne devaient bien être que des montages ...
Bref, une petite alliance qui ne fera peut être pas changer la région de bord, du moins je l'espère, mais qui pourrait bien donner un ministère à PDV.

untel - le 03/09/2009 à 19h39