Commémorer les 25 ans de jumelage entre La Roche sur Yon et Drummondville, c’est une fête pour tous
ceux qui ont connu la richesse des relations établies entre nos deux villes. Mais c’est aussi une formidable occasion de jeter les bases d’un nouveau partenariat entre les acteurs de nos cités…
et de regarder comment nos cousins du Québec s’adaptent à la globalisation. En voici seulement quelques aperçus : instructif !
Succès et relance des échanges ….
La délégation d’élus et de représentantes de
l’AEIN (association des échanges internationaux et nationaux) a été reçue avec beaucoup de chaleur par nos amis du Québec et la mairesse : Francine RUEST-JUTRAS. Une telle manifestation est
l’occasion de faire le bilan de nos échanges d’une extraordinaire richesse : échanges de familles à familles, de jeunes scolaires, stagiaires et de job d’été, échanges économiques exemplaires
avec plusieurs succès de part et d’autre…. Impossible de faire la liste exhaustive.
En accord avec les représentants élus et associatifs de nos deux cités, nous avons fait le
constat que les attentes des habitants évoluant, celles des jeunes notamment, il nous fallait travailler à faire évoluer, moderniser les
échanges de famille à famille en leur donnant un contenu plus dynamique, plus ouvert sur le pays tout entier, voire chaque continent.
Non à l’euro fort qui asphyxie notre économie !
Nous avons signé une convention entre nos deux sociétés de développement : ORYON et la SDED, pour renforcer nos liens
économiques par la mise en place d’un « Volontaire à l’International », financé en grande partie par le conseil régional des Pays de la Loire. Basé au Québec il aura pour mission unique de
prospecter pour les entreprises yonnaises et vendéennes. Au printemps 2008 un professionnel québécois s’installera à ORYON pour faire de même pour les entreprises du Québec.
Que dire du développement de nos deux cités ? Elles sont toutes les deux dans une vraie dynamique de développement industriel, commercial et de services, ce qui rend nos échanges
équilibrés et « gagnants-gagnants ». Des entreprises françaises se développent là-bas, ARIDEV par exemple (restauration). Récemment encore une entreprise française vient de s’installer à
Drummondville, mais … car il y a un mais, si elle le fait, c'est pour produire à des coûts plus bas qu'en Europe où l'euro est 40 % plus cher que le dollar. C'est son seul moyen de récupérer des
marchés qu'elle a perdus dans le monde entier du fait de cette surévaluation.
Je suis d’accord avec ceux qui disent : oui à l’euro, mais non à l’indépendance totale de la banque centrale européenne qui asphyxie actuellement notre économie. Sur ce point Sarkozy, comme
Ségolène Royal ou Fabius ont raison : c’est catastrophique !
Les « accommodements raisonnables », une façon toute québécoise d’aborder les questions d’immigration et
d’intégration !
Etonnant ce débat de la commission Bouchard dont les échanges sont retransmis sur une chaine de télévision des heures durant. Il
s’agit ni plus ni moins que de décider comment favoriser l’immigration dont le Pays a besoin, en réussissant l’intégration des nouvelles populations venant du Mexique ou de Pays anglophones. Car
le Québec a besoin de main d’œuvre. Sur presque toutes les portes des entreprises, tant à Drummondville qu’à Montréal, sont collées des affichettes : « recherche main d’œuvre » !
Les « accommodements raisonnables » posent la question des limites permises ou non dans l’identification des religions, comme
cela a eu lieu en France avec le débat sur le « voile ». la question de la montée de l’islamisme, thème récurent chez nous, l'est aussi au Québec.
Ce que j’en ai retenu, par rapport au débat franco-français, c’est que les Québécois acceptent tout à fait d’accueillir des
immigrés ne parlant par français dans les domaines où la main d’œuvre manque. Mais ils organisent beaucoup mieux que nous l’accueil des ces étrangers avec une vraie politique d’intégration,
notamment l'apprentissage des langues de façon beaucoup plus volontaire que nous !
Ce débat va s’amplifier en France : nous ne pourrons pas nous opposer à la vague immigrante des Pays du sud. D’autant que nous
en aurons besoin : les chefs d’entreprises le demandent. Pas pour prendre la place des français, mais pour faire tourner nos entreprises, produire, alimenter nos caisses sociales, de retraites,
éviter que la croissance et la richesse de notre Pays chutent. Bien sûr, à condition de le faire en partenariat avec les Pays d’origine pour ne pas les piller, mais les aider en fonction de leurs
besoins réels.
Deux cités déterminées à façonner nos villes en préservant la qualité de vie qui les caractérise, à
en faire des « villes durables » !
Nos échanges studieux ont permis de vérifier que les préoccupations sur l’avenir de la ville : urbanisme, revitalisation des centres villes,
développement durable au sens large, étaient au cœur de nos préoccupations.
Si notre histoire est différente, nos stratégies pour organiser nos villes et maîtriser l’avenir sont les mêmes. Nous avons décidé d’amplifier nos échanges de compétences en ces domaines de façon
à mieux tirer parti de nos atouts respectifs.
Des leçons de coopération intercommunale à retirer des pratiques québécoises ?
Drummondville est en train de fusionner de façon étonnante avec les communes environnantes et cela de manière progressive et
négociée. Les dernières fusions ont eu pour conséquence de doubler la surface de la commune qui est depuis 2004 de 55.000 ha, soit 9 fois la surface de La Roche sur Yon, et passer la population
de 55 à 68000 habitants. A chaque fois le conseil municipal qui ne comprend que 13 membres s’enrichit d’un membre suplémentaire : le maire de la commune rurale devient conseiller municipal et
tous, selon leurs dires, en tirent profit pour leur ancienne commune et pour Drummondville.
Impensable en Pays Yonnais, même si en 1964, c’est ce qui s’est produit entre St André d’Ornay, Le Bourg sous la Roche et La
Roche sur Yon.
Bien sûr, il ne faut pas en tirer de conclusion trop rapide, car la comparaison est difficile. Mais quand même il faut se demander pourquoi, dans notre belle France qui compte autant de communes
que l’ancienne Europe des 15 (36.000), nous tardons tant à mieux structurer notre territoire ? J’ai le sentiment que ce sont les élus qui sont en retard, pas les habitants qui tiennent à leur
quartier, leur commune, mais tiennent aussi à l’agglomération, au Pays tout entier au sein duquel ils vont, viennent et vivent !
Frédéric BACK : un grand monsieur qui aura un équipement à son nom à Drummondville
Madame JUTRAS a profité de notre séjour pour nous faire visiter l’immensité et la qualité des ses parcs de loisirs et baptiser une maison dédiée à l’environnement du
nom d’un grand Monsieur : Frédéric BACK qui, malgré ses 84 ans, s’était déplacé en personne.
Un artiste, un peintre, un cinéaste qui a obtenu des dizaines de prix prestigieux et deux oscars pour ses films : « l’homme qui plantait des arbres » et
« le fleuve aux grandes eaux ».
Consultez son site pour avoir un aperçu de son oeuvre. Dommage qu'à 84 ans, il ne souhaite plus traverser l'Atlantique. Nous aurions été honorés de l'accueillir dans le cadre
de notre festival de cinéma "en route vers le monde"
http://www.fredericback.com/index.fr.shtml
Vos réactions