Tout le monde se pose la question : quel président sera Sarkozy ? Evidemment selon que l'on ait voté pour lui ou non, la réponse diffère. Ce qui est sûr c'est que l'on aborde une nouvelle époque, pour la droite comme pour la gauche.
Si l'on excepte la soirée populaire place de la Concorde : logique, normale et qui s'impose après une telle victoire, le reste de la première soirée du président n'a pas été glorieuse.
Réception privée dans un restaurant prestigieux, accueil de VIP comme Halliday qui sort de la rencontre un peu ivre selon les images retransmises par les télévisions, puis départ dans un jet appartenant à un richissime représentant du CAC 40 et envol pour Malte dans un bâteau pour riches... Est-ce un nouveau style, type Berlusconi ? Bien sûr qu'il pouvait prendre des vacances, mais le symbole est très fort pour un début ! Les français défavorisés qui ont voté pour lui - il y en a malheureusement - s'y retrouvent-ils ?
Justement, de quel Sarkozy allons-nous hériter ? Du libéral qui s'inspire de Tchatcher et de l'école des économistes de Chicago, où de celui qui utilise les médias à son profit comme pendant la campagne (Berlusconi, lui, les télés lui appartiennent, pas à Sarkozy, pourtant ça a fonctionné de la même façon) simplement pour se maintenir au pouvoir ? Ou des deux ?
Allons-nous voir un Sarkozy utiliser à fonds l'appareil d'état à son profit comme il l'a déjà fait sans se priver, ou va-t-il, habité par sa fontion nouvelle, s'élever au-dessus de ces combines ?
Son gouvernement sera-t-il tel qu'il le dit, conçu pour réformer ou pour mieux "tacler" la gauche avec comme seul objectif de se maintenir au pouvoir ?
Comment fera-t-il pour faire tout ce qu'il a dit puisqu'il a promis tout à tout le monde et n'a pas financé son programme ?
Elu, il l'est. Nous le regrettons et allons devoir examiner à la loupe ses premières décisions et ses premières mesures, observer la méthode qu'il emploie.
Mais cette victoire de Sarkozy est une défaite pour toute la gauche. Elle nous impose de faire à gauche et au PS une analyse complète de la période qui vient de s'achever.
Elle nous impose de refonder un parti socialiste ancré dans ses valeurs et ouvert sur le 21ème sciècle, qui ne se renie pas, mais qui offre à toute la gauche, aux écologistes et aux humanistes un pôle de référence solide, rénové dans ses pratiques comme dans ses propositions.
Elle nous impose de considérer que la reconquête idéologique, la victoire des idées, précèdent toujours les victoires politiques et électorales.
Et cela demande du travail de fonds, cela exige de balayer les solutions qui ne marchent plus. Cela suppose d'innover, de mieux prendre en compte les attentes de nos concitoyens en se donnant la peine de mieux entendre ce qu'ils disent. De ce point de vue Ségolène ROYAL, s'appuyant sur les pratiques de collectivités locales, a imposé un thème, une méthode qui restera : celle de la démocratie participative.
Elle nous impose de rester unis au sein du PS et de la gauche toute entière.
Elle nous impose de nous battre au mieux pour gagner des circonscriptions de député(e) et opposer ainsi un vrai contre-pouvoir à celui de Sarkozy qui, n'en doutons pas, utilisera le sien pour pousuivre son combat idéologique.
C'est la première fois qu'un représentant de la droite "dure" accède au pouvoir depuis la guerre. Cela nous donne des responsabilités
importantes. A nous tous de les saisir !
La morale en politique ça existe et Ségolène ROYAL l’a brillamment démontré hier soir en retoquant Nicolas SARKOZY sur la question des handicapés : il faut oser en effet promettre l’accueil de tous les enfants handicapés dans l’école de la République après avoir supprimé les postes qui permettaient de le faire. Quant à l’économie, deux conceptions se sont affrontées : celle du libéralisme pur et dur et celle de la réconciliation des français avec l’entreprise, avec eux-mêmes.
Oui le débat a été d’excellent niveau et Ségolène ROYAL a réussi a démontrer que Nicolas SARKOZY avait un double langage, et pas seulement sur la question des handicapés :
Il faut oser affirmer que l’on va diminuer la dette en affirmant en même temps abaisser les prélèvements obligatoires de 70 milliards d’euros par an : l’équivalent de 4 points de PIB et de quatre fois les crédits consacrés à notre université !
Il faut oser affirmer que l’on va créer de l’emploi avec simplement des heures supplémentaires détaxées et défiscalisées qui, elles aussi, vont creuser le trou de la sécurité sociale et le déficit public au détriment de ceux qui eux, n’ont pas la première heure de travail à leur grand désarroi !
Il faut oser affirmer qu’il va faire une France de propriétaire alors que des millions de français n’arrivent même pas à payer un loyer modeste. Comment pourrait-il le faire avec un simple crédit d’impôt hypothétique !
Ségolène ROYAL a démontré une solidité sur l’économie et le social qui en a étonné plus d’un.
Face au nouveau BUSCH français, tenant de l'ultra-libéralisme, elle a opposé une France de l’innovation, de la création, de la solidarité, une France réconciliée avec elle-même, une France qui parie sur sa jeunesse, une France qui veut retrouver sa place dans le monde et dans une Europe qui protège mieux son modèle social, mais une France généreuse qui sait que la solution aux déplacements des populations et à l’immigration sauvage est d’abord de permettre le développement des Pays du Sud.
Les attaques répétées sur les 35 heures ne font qu’illustrer les attaques qui seront réalisées, sans le dire clairement aujourd’hui, et qui auront lieu contre les droits sociaux de notre Pays si SARKOZY est élu.
Les sondages semblent démontrer que SARKOZY a déjà gagné. Ce débat éclairera les français qui n’ont pas l’habitude de se laisser dicter leur vote : ils l’ont démontré lors de la dissolution manquée de CHIRAC et lors du Référendum raté sur la constitution européenne. Il nous reste 3 jours pour convaincre les hésitants de l’importance de leur vote : il faut qu’ils osent voter Ségolène ROYAL, c'est-à-dire pour l’espoir, le changement, la solidarité, un avenir plus radieux pour eux-mêmes et leur enfants !
Dans un artcile du Monde de ce jour Ségolène ROYAL promet une France apaisée ! On en a besoin, car avec Nicolas SARKOZY, qui se voit déjà élu, ce sera hélas le contraire. Tout le monde le sait, même dans son camp. Alors utilisons les derniers jours de campagne pour convaincre les hésitants : se mobiliser pour Ségolène ROYAL, c'est se mobiliser pour une République au service de tous.
Ségolène Royal promet "une France apaisée" - Le Monde
Et, face à elle, François Bayrou n'est pas loin de partager son point de vue. Véritablement, cet échange était utile. Vous n'avez pas pu voir le débat? En voici un extrait important.
Malgré l'appui de la quasi totalité des médias, d'attaques ignobles de toutes parts, Ségolène ROYAL a fait un excellent score et peut gagner la "mère des batailes". Il faut bien sûr rassembler et faire connaître qui est vraiment SARKOZY... pour ceux qui l'ignoreraient encore ! B Voici 10 bonnes raisons d ene pas voter SARKOZY !
1. Nicolas Sarkozy, c’est la précarité de l’emploi généralisée.
Le candidat de l’UMP veut "fluidifier" le marché de travail en instaurant un contrat unique calqué sur le CNE /CPE. Avec lui, c’est la fin des CDI, la fragilisation des droits des salariés et la
précarisation généralisée de l’emploi. Il l’a d’ailleurs reconnu : "Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher " (, 24 janvier 2007)
2. Nicolas Sarkozy, c’est la remise en cause des acquis sociaux.
Dans son programme, le candidat de l’UMP défend l’idée que les chômeur s devront dorénavant exercer une activité pour pouvoir bénéficier d’allocations chômage ou le RMI. Voilà le retour des
travaux forcés !
3. Nicolas Sarkozy, c’est l’instauration de la sélection à l’entrée de l’université.
Cherchant à mettre en concurrence les universités publiques et privées, Nicolas Sarkozy veut restreindre l’accès à l’université des bacheliers par la sélection.
4. Nicolas Sarkozy, c’est le développement de l’école privée au détriment du public.
Nicolas Sarkozy, en tant que président du Conseil général des Hauts-de-Seine, continue à financer largement la "fac PASQUA&quo t; avec des fonds publics. Dans la même logique, il souhaite
promouvoir les écoles privées et supprimer les Zones d’Education Prioritaires qui permettent pourtant de donner plus de moyens aux établissements des quartiers les plus défavorisés.
5. Nicolas Sarkozy, c’est la société des héritiers.
"Tout devient possible"… pour les plus riches ! En se prononçant pour la suppression des droits de succession, Nicolas Sarkozy construit un système qui va reproduire, génération après génération,
les inégalités plutôt que de les réduire. C’est la concentration des richesses dans les mains des héritiers.
6. Nicolas Sarkozy, c’est la fin de la sécurité sociale.
En instaurant une franchise pour les remboursements de soins et en favorisant le développement du secteur privé, Nicolas Sarkozy met profondément à mal la sécurité sociale et ouvre la voie à la
privatisation totale du secteur de la santé en France.
7. Nicolas Sarkozy, c’est une France atlantiste.
A plusieurs reprises, le candidat de l’UMP s’est prononcé pour un rapprochement entre la France et les Etats-Unis dont il est fasciné. Fustigeant "l’arrogance française", Nicolas Sarkozy
privilégie l’axe franco-américain à la construction européenne.
8. Nicolas Sarkozy, c’est le "tout répressif".
Alors que politique de lutte contre l’i nsécurité qu’il a mené depuis plusieurs années, a eu des résultats désastreux, Nicolas Sarkozy compte poursuivre le "tout répressif" en abaissant la
majorité pénale de 18 à 16 ans et en multipliant les mesures sécuritaires et inhumaines.
9. Nicolas Sarkozy, c’est la remise en cause des libertés publiques.
Au nom de la lutte contre l’insécurité, le Ministre de l’Intérieur a déjà rogné de nombreux droits fondamentaux et fragilisé le principe de séparation des pouvoirs en stigmatisant les magistrats
et les décisions de justice. Dans la même logique, Nicolas Sarkozy remet, par exemple, en cause le droit de grève.
10. Nicolas Sarkozy, c’est la stigmatisation des plus précaires.
Profondément populiste, le candidat de l’UMP cherche en permanence des bouc-émissaires pour expliquer ses échecs. Dans son projet, il s’attaque de nouveau aux plus démunis et aux immigrés. En
limitant l’immigration aux seuls besoins du marché, Nicolas Sarkozy réduit les étrangers à une seule force de travail sans considération pour leur équilibre social et familial.

Laurent Joffrin














