C'est la période des vacances. Un temps de repos bien mérité pour tous, conquis de haute lutte par le
Front Populaire. Un acquis que personne ne remet en cause. Même si, à l'époque en 1936, les propos et critiques de la droite étaient étrangement les mêmes que celles que l'on entend
encore aujourd'hui contre les politiques de réduction du temps de travail. Quoi d'étonnant ? La droite restera toujours la droite.
Pourtant, notre Pays ne semble pas profiter pleinement de cette période de vacances. Partout dans l'hexagone, nous parviennent des messages du
type :
" Il y a moins de monde cette année dans notre région !"
" Il n'y a pas grand monde et ceux qui sont venus dépensent moins !"
" Les gens écourtent leur séjour !"
Quoi d'étonnant à cela ? L'inflation repart à la hausse. Les prix des carburants explosent, comme ceux de l'alimentation : vous avez tous remarqué le prix des fruits cette année
?
Beaucoup, par nécessité, "choisissent" de ne pas partir en vacances.
D'autres décident de simplement se retrouver en famille.
Même ceux qui ont un travail sont inquiets face à l'incertitude engendrée par la crise financière. "La France et l'Europe entreront-elles en récession cet automne?" est
une question de plus en plus entendue ....
Ceux qui veulent investir reculent en attendant que les taux des prêts bancaires diminuent...
Dire qu'il y a moins d'un an, un certain Nicolas Sarkozy se vantait encore d'être le président du pouvoir d'achat !
Au lieu de cela, sous couvert de réformes - évidemment nécessaires - Nicolas Sarkozy remet en cause ce qui protège les plus démunis des français : protection sociale, garanties face au
chômage.
Sous couvert de réformes - évidemment nécessaires - il casse les services publics et se défausse sur les collectivités locales en remettant en cause leurs dotations et financements.
Sous couvert de réformes- évidemment nécessaires - il cherche à casser le tissu syndical, l'une des institutions qui, aux côtés des services publics et de la sécurité sociale, est le ciment de
notre République.
Oui, il faut engager des réformes dans notre Pays, mais pas celles de l'UMP. Elles feront régresser notre Pays qui est le dernier de la classe européenne en matière de croissance, de balance
commerciale, de déficit de la sécurité sociale, alors que sous le gouvernement Jospin, c'est la France qui tirait la croissance européenne, qui avait une balance commerciale excédentaire et
une sécurité sociale équilibrée.
Non, la gauche et la droite, ce n'est pas pareil !
Bonnes vacances... à ceux qui peuvent en prendre, et courage à tous les autres. L'automne aura besoin de l'énergie de tous !
Parti des Sables d’Olonne, le mouvement de contestation des pêcheurs s’est étendu à tous les ports. La manifestation qu’ils tiennent ce matin à La Roche sur Yon devant la Préfecture illustre le drame qu’ils vivent. La hausse du prix du gasoil comme du super n’a pas fini de provoquer d’autres bouleversements.
Qui aurait prévu il y a seulement
6 mois que le gasoil serait à ce niveau de prix aujourd’hui ? Bien sûr certaines professions sont plus sensibles que d’autres à cette hausse, les pêcheurs en font partie sans nul doute.
Mais les transporteurs aussi, les taxis, les ambulanciers, les transports en commun, l’aviation, … la liste risque de s’allonger rapidement car d’aucuns prédisent la poursuite de la hausse des
prix des carburants.
Ci-dessous manifestation très "déterminée" des pêcheurs devant la Préfecture ce matin à La Roche sur Yon !
Et puis il y a aussi tous les ménages qui ont du mal à boucler leur budget compte tenu de leur faible pouvoir d’achat : ceux-là sont et seront de plus en plus nombreux. Ils
risquent à ce train là de se compter par millions avant peu !
Deux remarques à prendre en compte. Tout d’abord, cette explosion des prix est aussi le fait de la spéculation sur les matières premières, y compris alimentaires, qu’il faut bloquer.
Les pouvoirs publics nationaux et européens ne doivent pas rester inertes. Ils doivent provoquer une action au plan national, européen et mondial ! Il y a urgence.
Ensuite, au moment où le fameux Grenelle de l’environnement est en train d’accoucher d’une loi inique sur les OGM, on peut mieux observer, avec le recul, la façon dont le pouvoir en place a manipulé les assocaitions environnementales. Surtout il nous faut aussi - tous - mesurer l’ampleur de la réforme, de la révolution verte qu’il nous reste à accomplir, et qui n’a pas encore débuté, ou si peu !
Cette « révolution » verte à faire dépasse, de mon point de vue, le simple clivage « droite gauche », car c’est devenu une question d’intérêt national et mondial. La gauche doit se préparer à faire face à ces enjeux majeurs. Mais il faut bien dire que la droite est disqualifiée par un Grenelle de l’environnement qui apparaît de plus en plus comme une opération de communication, un nuage de fumée qui, une fois dissipé, révèle l’étendue des carences de la droite en ces domaines. Ce que va proposer le Ministre Barnier semble inadapté à la réalité des problèmes vécus par les pêcheurs, quant aux autres professions....
Au fait, qu’est devenu Nicolas Hulot ? On l’entend moins que pendant la campagne de Nicolas Sarkozy !....
Mai 68 : que d'articles, de livres, d'émissions, c'est l'overdose déjà ! Alors pourquoi moi-aussi sacrifier à la
commémoration ? Parce que l'histoire nous enseigne toujours quelque chose.
Je ne vais rien vous dire de 1968. Pourtant je le pourrais, car à l'époque je faisais mon service militaire en Allemagne et ai failli, comme
d'autres, faire partie des contingents que De Gaulle envisageait de mobiliser contre les manifestations parisiennes.
Souvenez-vous de la "disparition" durant quelques jours de De Gaulle. Avec du recul ce fut un formidable moyen de cristalliser l'inquiétude du Pays, mais aussi de déstabiliser la montée
des manifestations. Il était en fait parti en Allemagne chercher l'appui éventuel du général Massu et de l'armée !..
Je préfère vous livrer les archives de l'INA et la conférence de presse de François Mitterrand du 28 mai 1968 et retransmise au JT de 20 heures de l'ORTF (!) : instructif
!
Mitterrand parlait au nom de la Fédération de la Gauche Démocrate et Socialiste en présence du "contre
gouvernement" et affirmait que De Gaulle ne pouvait plus "faire l'histoire" ! Il a cru un moment que l'heure de la gauche était venue... Elle le sera, et avec
lui mais plus tard.
C'était 13 ans avant 1981.
Cliquez ici pour visionner la vidéo de l'INA
Il y a peu, François Léotard, un ancien ami de Sarkozy, écrivait un livre qui en dit long sur
l'incohérence de Nicolas Sarkozy vu de droite ... Vu de gauche, moins d'un an après son élection, on ne peut que mesurer l'ampleur des conséquences de la défaite de
Ségolène Royale !
La croissance et le pouvoir d'achat sont en berne. Le déficit commercial de la France n'a jamais été aussi gigantesque. la France est l'une des mauvaise
élèves de l'Europe à la veille de prendre la présidence.
Souvenez-vous, Jospin a perdu en 2002. Pourtant les comptes de la sécurité sociale étaient équilibrés, le déficit commercial en excédent, la
France tirait la croissance européenne vers le haut, le pouvoir d'achat progressait peu, mais il progressait !
Dire qu'il y en a qui ne font pas de différence entre la gauche et la droite !
L'hôpital public est au bord de la faillite et les remises en cause proposées sous couvert de réformes "Larcher" n'annoncent rien de bon. La sécurité sociale est exsangue et à la veille d'être
remise en cause, ce qui changerait, si c'était le cas, l'équilibre même de notre République.
Le travail de Martin Hirsh avec son projet de Revenu de Solidarité Active
(RSA) - qui était aussi celui de la gauche - est utile et doit être soutenu par la gauche, mais n'est pas financé et Fillon le repousse aux
calendes grecques.
La carte famille nombreuse de la SNCF a failli disparaître ... et ne sera plus financée par l'état, mais par la SNCF..
Les allocations familiales semblent attaquées sérieusement avec effet dès le 1er mai 2008.
Les produits de consommation courante sont en hausse, le coût du logement de l'énergie explose.
Les services publics semblent progressivement remis en cause.
Le Grenelle de l'environnement est ridiculisé par le projet de loi sur les OGM. Tiens, justement, avez-vous remarqué que Nicolas Hulot est beaucoup
plus silencieux que durant la campagne des présidentielles ou durant les débats "très positifs" du Grenelle de l'environnement !
Pendant ce temps, il n'y jamais eu autant de riches taxés par l'ISF, les disparités n'ont jamais autant augmenté !
Avec Sarkozy, même s'il n'est pas responsable de tout, comme de l'augmentation du prix du pétrole, cela s'aggrave vraiment pour les plus faibles et les couches moyennes.
A ce rythme là, devrons-nous attendre 2012 pour avoir une autre politique, ou est-ce que ça va mal finir avant comme semble le prédire Léotard ?
« Non ce n’est pas la démocratie qui est obscène ! C’est la scène républicaine qu’il faut sauver de l’obscénité, au moment où la politique devient le « tout-à-l’égo » d’un pays en proie aux tyrannies de l’audimat, de l’émotif et de l’intime. ». C’est en ces mots que Régis Debray résume son petit livre commis cet été, chez Flammarion, après une campagne des présidentielles particulière et seulement quelques mois de sarkozysme. A lire !
« Le démocrate nouveau est arrivé…. Ouvert(e).
Sympa. Blessé(e).Chantant les feuilles mortes à la télé ou roulant en rollers sur le macadam parisien. Blouson en cuir et
santiag. Crédible parce qu’authentique. Tel qu’en lui-même enfin. Le bureau donne
sur la chambre. Sans hypocrisie. Traduisons en bon latin : obscène».
Ob-scenus : ce qui reste d’un homme lorsqu’il ne se mets plus en scène (ob : à la place de, en échange de). Tel est le premier sens du mot, dont le second fut conséquemment : sinistre de mauvais augure. Le pluriel neutre, obscena, désignait les excréments..
….Obcène un pays qui ne décolle plus de ses lucarnes, fasciné par ses propres reflets sur un écran miroir….
Mais l’analyse va plus loin sur la politique de l’Etat modeste par exemple : « Les pauvres ont toujours intérêt à un Etat bien pourvu, pourvu qu’il redistribue, mais les riches préfèrent l’Etat pauvre et amaigri, et on peut les comprendre si ce sont eux qui le financent. » Alors il faut chasser le gaspi … « pour mieux faire oublier la centaine de Haut Comités, Commissions Supérieures, Hauts Conseils, Observatoires et autres autorités administratives indépendantes qui monnayent parfois à grand frais… »
Et l’Etat que l’on veut absolument modeste, quitte à se pavaner dans des palaces, jets et bateau privés de
milliardaires amis du pouvoir. C’est aussi oublier que la République a besoin de représenter la puissance et qu’il n’est jamais bon de la rabaisser :
« C’est parce que la République est une idée abstraite, une transcendance immanente qu’elle a besoin d’emblèmes, d’enceinte et d’apparat. Le vote : pauvre rite, mais rite encore.
L’école communale, la mairie où se dresse l’isoloir, où se tient le registre, où il est fait appel de votre nom à haute voix, où nous glissons dans l’urne un rectangle de papier : pauvre
sanctuaire, mais lieu à part »….
Que de belles pensées à méditer. Car oui, il faut se demander qui a intérêt à rabaisser la République ? Comme le dit si bien Régis Debray : « Etat modeste, Medef arrogant. Toute l’histoire de France illustre cette bascule… ».

Laurent Joffrin













