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Mercredi 22 décembre 2010 3 22 /12 /Déc /2010 21:10

LA DEMOISELE AIX LUMASVous cherchez un livre à offrir qui a défrayé l'actualité des dernières semaines dans notre agglomération ? Vous aimez les beaux paysages de la belle vallée de l'Yon au sud de La Roche sur Yon à Chaillé sous les Ormeaux ? Mieux vous aimez le suspens et les enquêtes de gendarmerie rondement menées depuis la toute nouvelle gendarmerie inaugurée boulevard Leclerc à la Roche sur Yon où des brigands très organisés osent aller y voler de la drogue ? Alors lisez "la demoiselle aux Lumas" de Louis Dubost aux éditions "le geste noir".
     

 

 

Pierre Regnault
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Louis Dubost a enseigné la philosophie à la Roche sur Yon et édité de nombreuses poésies aux éditions le Dé bleu. Aujourd'hui en retraite, le Dé Bleu fermé, Louis Dubost a offert à la médiathèque de La Roche sur Yon pas moins de 25.000 ouvrages que nous avons acceptés lors d'un récent conseil communautaire.  Merci à lui !

 

Lors de ce conseil, le livre de Louis Dubost a fait polémique ! Il "aurait" outragé un ancien élu ! NeLA DEMOISELE AIX LUMAS l'ayant pas lu  - comme la plupart des élus communautaires - je ne me suis pas exprimé le jour même. Connaissant Louis Dubost, j'aurais été surpris qu'il manqua à ce point de respect à une quelconque personnalité.

 

Je dois vous le dire tout de go : ce livre est bien écrit, agréable à lire, et finalement très respectueux des moeurs politiques locales. Ce n'est d'ailleurs pas le coeur du sujet, puisqu'il est bien précisé "Ouvrage de fiction. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait pure coïncidence".

 

J'y ai retrouvé une description de cette très belle vallée que j'aurais aimé pouvoir écrire avec autant d'aisance et de talent. On y découvre la vie d'une bourgade dont on sent que l'auteur est tombé amoureux : Chaillé sous les Ormeaux. Tout cela est pimenté d'un peu de supens et d'une enquête d'une gendarmette, ma foi, très sympathique. 

 

Louis Dubost bourguignon - comme moi - et parfaitement intégré à la Vendée, trouve le moyen d'impliquer la gendarmerie de 'La Clayette" dans le Brionnais, au coeur du Pays Charolais, dans l'enquête conduite par la gendarmerie de La Roche sur Yon. C'est même grâce à un adjudant de la Clayette que le coupable sera trouvé !

 

Louis Dubost ne prétend pas écrire un grand polar, mais il décrit à merveille une ambiance buccolique et champêtre, y fait quelques allusions aux médias locaux, à l'artificier de renommée internationale Jacques Couturier, qui a son entreprise à Chaillé sous les Ormeaux,  aux moeurs politiques locales en évoquant même le Vicomte en son chateau ....  Là l'histoire va plus vite que l'auteur et le Vicomte n'a plus, aujourd'hui, l'influence qu'on lui devine dans le polar....

 

Oui c'est un livre agréable à lire et vite lu que je vous recommande pour vous même ou pour offrir à Noël. Il est disponible à la librairie Agora, rue Clémenceau à la Roche sur Yon. 

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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /Déc /2009 17:00

REVUE ESPRIT LA CRISELa bulle médiatique est incroyable. Depuis l'automne 2008, que n'a-t-on entendu et lu sur la crise. D'un occident au bord du gouffre en octobre 2008, à une sortie de crise évidente, un G 20 surpuissant ou inutile. Tout y passe. Ce qui est sûr c'est que cette crise ne ressemble à aucune autre. Le dernier numéro d'"ESPRIT" passe en revue une pluralité de points de vue très intéressants pour comprendre... qu'on a encore pas tout compris !

 

 


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Pierre Regnault


Comme le précise Eloi Laurent dans un des articles de cette revue "ni péripétie, ni cataclysme", Fernand Braudel nous apprend que le monde  ne se comprend bien qu'en trois dimensions, trois REVUE ESPRIT LA CRISEespace-temps : la longue durée géographique, les tectoniques sociales et économiques et enfin l'agitation politique du moment, le temps des individus.

Dans cette crise à nulle autre pareille, se superposent trois strates qu'il faut s'efforcer de relier par l'analyse en procédant à rebours de l'ordre braudélien : l'écume de la crise du capitalisme financier, la houle de la crise des inégalités sociales, la marée de la crise écologique...

Dans l'effondrement de la finance mondialisée de 2008, il faut bien admettre qu'on a limité la casse. Mais le G20 n'a toujours pas décidé la séparation entre banques d'affaires et banques de dépôt, c'est à dire entre spéculation en bourse qui créée des richesses virtuelles, et richesses réelles générées par les entrepreneurs, les producteurs, les particuliers, financés par les banques de dépôt.

C'était pourtant l'une des décisions stratégiques prises après la crise  de 1929, hélas remise en cause dans les années 1990... et qui a permis la catastrophe de 2008 ! 

Compte tenu de cette carence décisionnelle, on peut être assuré d'un retour de la bulle financière et d'une nouvelle crise. Seule la date est incertaine. Comme si on n'avait rien appris de 1929 !

L'une des données nouvelles, mise en évidence par plusieurs auteurs de la revue ESPRIT, est que le capitalisme lui-même ne pourra plus ignorer  l'impératif écologique ! Mais le temps de l'écologie est un temps long et se heurte au temps court de l'économie et du politique.

La dureté des affrontements entre pays riches et pauvres, l'immigration climatique qui ne fait que commencer, les déplacements des populations liés à l'accroissement de la pauvreté et des inégalités qui va s'amplifier, la prise de conscience que nous vivons définitivement sur une TERRE UNIQUE et dans un monde où les problèmes sont globalisés, ce qui signifie qu'ils doivent nécessairement être partagés, tout cela va, doit produire des changements de comportements
.

La revue ouvre le débat dans plusieurs champs : recherche d'un modèle de croissance, de la certitude de la marche vers la catastrophe - le choc  de la crise frappe plus la gauche que la droite - crise : menace ou chance pour les villes - la crise financière en Chine : une divine surprises ? - Vrais et faux procès du savoir économique, etc...

ESPRIT est une revue de très bonne réputation que je vous recommande. Bonne lecture !

 


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Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /Mars /2009 19:45
Voici un livre que j’ai découvert tardivement, à l’occasion de sa publication en  poche, l’année dernière. Amin Maalouf est ce Chrétien libanais, immense connaisseur de la culture Proche Orientale et Méditerranéenne, qui vit désormais à Paris et écrit en français. Il a publié, dès 1998, un livre qui voyait juste et loin.

Sous le titre « les identités meurtrières », il y scrute en détail les ravages de l’identification excessive à une communauté, religieuse ou territoriale, qui sert de fondement à des luttes révélant d’autres enjeux. La qualité de son regard fait qu’il embrasse, certes, les événements du Proche-Orient vécus de près, mais aussi tous les avatars identitaires ou communautaristes, de l’Irlande à l’Espagne ou à l’Italie du Nord.


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Pierre Regnault


Or, dit-il, ce n’est pas le sentiment religieux qui produit l’intolérance mais l’intolérance des intérêts du moment qui s’accroche au religieux pour se donner une légitimité de façade. « Aucune religion n’est dénuée d’intolérance, écrit-il, (mais) si mes ancêtres avaient été musulmans dans un pays conquis par les armées chrétiennes, au lieu d’avoir été chrétiens dans un pays conquis par les armées musulmanes, je ne pense pas qu’ils auraient pu continuer à vivre depuis quatorze siècles dans leurs villes et villages, en conservant leur foi. Que sont devenus, en effet, les musulmans d’Espagne ? Et les musulmans de Sicile ? Disparus tous, jusqu’au dernier, massacrés, contraints à l’exil ou baptisés de force ». Quand on pense au pamphlet nauséeux écrit par de Villiers sur l’islam (voir mon article du 9 mai 2006), on remet les faits à leur juste place et la question du respect des étrangers se comprend différemment.

Avec sagesse, Amin Maalouf remarque que la situation sociale d’une époque répond plus aux enjeux qui lui sont propres qu’à ceux que les contemporains auraient hérités. Et de reprendre ici la très belle citation de Marc Bloch, l’historien juif mort en déportation : « Les hommes sont plus fils de leur temps que de leurs pères ».

Finalement, pour revenir à l’identité, la vérité est bien de considérer que, comme la carte du même nom, elle est un objet strictement personnel au croisement de références héritées, de solidarités éprouvées et de la somme des expériences qui font une vie.


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Dimanche 28 décembre 2008 7 28 /12 /Déc /2008 12:30
Il faut lire « La stratégie du choc ; la montée d’un capitalisme du désastre », le dernier livre de Naomi Klein pour clairement mesurer ce qui se joue dans les grands choix économiques de la société globalisée. Après « No logo », en 2000, dans lequel elle lançait la charge contre « la tyrannie des marques », elle s’attache désormais à établir un bilan minutieux et planétaire d’une quarantaine d’années de libéralisme absolu à travers le monde.

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Pierre Regnault
Tout a commencé durant les années cinquante, à partir du département des sciences économiques de l’université de Chicago, où Milton Friedman forma plusieurs générations d’économistes radicalement libéraux à la croisade anti-keynésienne. Il ne s’agissait rien moins que de rétablir la souveraineté d’un marché débarrassé de toute contrainte et de faire refluer l’État, la régulation économique et la protection sociale, bref de comprimer l’impôt pour libérer le profit, censé être beaucoup plus dynamique.

Sauf que les citoyens ne renoncent pas facilement à un système de santé, une école publique, la protection de la police aussi spontanément qu’un étudiant dans la tiédeur de sa bibliothèque. Ce qu’a rapidement compris Milton Friedman, c’est qu’il fallait un électrochoc sociopolitique pour faire passer en force une « réforme » globale aussi audacieuse.

"Seule une crise, réelle ou imaginaire, peut engendrer un changement profond", Milton Friedman


En 1973, le coup d’état chilien de Pinochet, lui offrira la première occasion de mettre en œuvre sa théorie, à travers des équipes de « conseillers économiques », très vite désignés comme les « Chicago boys » et largement soutenus par les instances internationales du FMI et de la Banque mondiale. Le marché conclu avec les dirigeants se résumait à un échange entre des aides internationales élevées contre la privatisation des services publics et l’ouverture absolue du marché local à la « concurrence internationale ». Le résultat fut toujours identique au Chili, en Argentine, dans tout le cône sud de l’Amérique latine, mais aussi en Indonésie, en Pologne ou en Russie : un enchérissement considérable des conditions de vie, l’effondrement du tissu économique local, la perte de contrôle sur les richesses nationales et la misère généralisée pour le plus grand nombre tandis qu’un petit groupe de spéculateurs (ou d’oligarques, comme on les nomma en Russie) s’enrichissait de façon indécente. Et comme tout ceci ne va pas de soi, se met alors en place un système répressif sans pitié qui préserve le pouvoir par la terreur.

Cette orientation politique a connu ses « grandes figures » avec Reagan ou Thatcher, mais c’est avec l’arrivée de George W. Bush qu’elle a atteint son paroxysme. Grâce à une analyse serrée, Naomi Klein montre comment le pouvoir américain a tiré profit du 11 septembre 2001 comme, plus tard, de l’ouragan Katrina (septembre 2005) pour radicaliser la privatisation de ce qui était jusque-là considéré comme le domaine de l’État.

Bagdad semble être devenu le laboratoire de ce « capitalisme du désastre » où limitant le nombre de militaires engagés sur le terrain, malgré les demandes pressantes de l’état-major, le Pentagone attribue à des sociétés comme Halliburton, Bechtel ou Blackwater le soin d’assurer le casernement des soldats, les services hospitaliers, la « gestion des prisons » et la sécurisation de la « zone verte » où se trouvent implantés les principaux services d’occupation.

Cette même politique, sur le territoire des Etats-Unis, conduits à constituer de véritables « villes privatisées », édifiées, gérées et sécurisées par des sociétés privées. Au point que Blackwater (qui serait chez nous une société de gardiennage) entretien une armée privée de 20 000 hommes, entraînée dans une énorme base « militaire » en Caroline du Nord, projetable n’importe où dans le monde grâce à son aviation.

Non, je ne vous parle pas d’un film comme on en voit beaucoup, mais de la réalité d’aujourd’hui, dans le plus important pays du monde. Une réalité encore mal perçue, qui fait froid dans le dos et qui nous menace tous directement.

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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /Mai /2008 10:46

Nicolas Sarkozy intéresse, et beaucoup de livres sont écrits depuis qu'il est le président des français. J'en ai choisi un : "le roi est nu" de Laurent Joffrin. Je vous le recommande.

On sait d'où parle Laurent Joffrin : journaliste brillant, clairement affiché à gauche, directeur de Libération. Il intervient souvent  dans les autres médias, radios et télévisions.

Sa vision de Nicolas Sarkozy est intéressante à lire. Il reconnaît les qualités de notre Président, énergique, très politique, excellent communiquant. Mais il ne fait pas Président. Entouré de courtisans, Sarkozy a du mal à se contrôler, même s'il a essayé de le faire depuis la "gamelle" des municipales, sous la pression de son camp . 

La gauche est critique, c'est son rôle. La majorité est soumise au "roi" qui dispose de tous les attributs du pouvoir, mais elle est inquiète. C'est plus étonnant après seulement un an d'exercice du pouvoir. Le peuple est impressionné, mais déchante déjà.

Au-delà d'une politique qui montre déjà ses limites, Laurent Joffrin expose avec brio que les convictions profondes du président en matière de religion, de fiscalité, de justice, de sécurité heurtent l'héritage républicain qui s'impose à tous et devront s'effacer devant lui.

Sur l'exercice du pouvoir, sa majorité commence à exiger de lui qu'il respecte les institutions, qu'il demeure plus en retrait, qu'il fasse Président !

Sur la forme, il doit passer du baroque au classique, de l'exubérance à la sobriété..

Les préférences de Laurent Joffrin vont à la gauche (qu'il souhaite voir changer aussi), mais face aux défis que le Pays doit relever, il souhaite que le président change, soit président !

"Il faut changer donc. Peut-on le faire ? C'est la grande interrogation des quatre années qui viennent. Curieuse situation où Nicolas Sarkozy ne peut redevenir un vrai président que s'il n'est pas lui même..."

Ce livre est facile à lire. Je vous le recommande pour comprendre un peu mieux "notre" président, les défis qui sont devant lui.. et qui sont, un peu aussi, les nôtres.

 

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Dimanche 27 janvier 2008 7 27 /01 /Jan /2008 21:23

Vous vous rappelez la venue d’Edgar Morin à la Roche sur Yon pour le festival du cinéma. C’était pour lui l’occasion de commenter son livre « les stars », et pour moi de vous parler de l’un de ses multiples livres « Introduction à la pensée complexe ». Quel bonheur d’entendre un tel intellectuel ici à La Roche.  Depuis Sarkozy a voulu s’inspirer de ses écrits sur la politique de civilisation.
 
Edgar Morin vient de publier un petit livre de 80 pages intitulé lui aussi « Pour une politique de civilisation » qui réédite une partie du livre célèbre écrit en 1997 par Edgar Morin et Samy Naïr, et qui a inspiré le conseiller de Sarkozy : Guaino. Ce livre est un petit chef d'oeuvre, pas cher (5 euros à Agora à la Roche). Je vous le recommande.

 

Il y décrit très bien, avec les concepts de « la pensée complexe » les contradictions de notre civilisation matérialiste. « La technique est ce qui permet aux humains d’asservir les énergies. Mais c’est aussi ce qui permet d’asservir les humains à la logique déterministe,… La logique de la machine industrielle dans les entreprises, les bureaux, la vie urbaine, les loisirs impose des critères standardisés et impersonnels qui nuisent aux convivialités. »   

Quelques extraits significatifs :

« il faut voir dans le mal des banlieues un indicateur paroxystique d’un mal beaucoup plus général. »

 
"Le développement capitaliste a entraîné le développement des productions, des échanges, des communications, mais il a entraîné la marchandisation généralisée, y compris là où règnaient  les entraides, les solidarités, les biens communs non monétaires, détruisant ainsi de nombreux tissus de convivialité. Le marché priviligie en toutes occasions le calcul d'intérêt et désolidarise d'autant..."

« Notre incapacité à concevoir la complexité de notre monde nous rend incapable de penser une politique complexe de civilisation ».

 

« La politique de civilisation reprend l’aspiration à plus de communauté, de fraternité et de liberté qui fut la source du socialisme au siècle dernier,… »

 

Edgar Morin formule 4 impératifs à une politique de civilisation : solidariser, ressourcer, convivialiser et moraliser.

 

Il pense qu'un « new deal de civilisation est possible » et qu'il est possible de commencer dans les villes moyennes notamment. Une politique de qualité de vie pourrait réduire considérablement les dépenses de santé….

 

Oui Edgar Morin est dans le vrai, mais il faut aussi engager une rénovation de la vie politique. C’est passionnant, mais franchement je ne vois pas comment Sarkozy peut s’inspirer d’Edgar Morin. Sa politique en est à des années lumière !

 

Mais la gauche, elle, doit le faire et ne plus négliger l’apport d'un intellectuel de ce niveau !

Voyez ce que dit "La République des lettres" de l'exploitation par "Sarkozy/Guaino" de la pensée d'Edgar MORIN : intéressant !

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Samedi 6 octobre 2007 6 06 /10 /Oct /2007 15:47

La semaine qui vient sera riche en évènements culturels avec en particulier le festival du cinéma qui sera un grand moment, mais aussi l’exposition « devenir peintre au XIX siècle » au musée. Dans le cadre du festival du cinéma "en route vers le Monde", un évènement important pour notre ville va avoir lieu. Un moment sans doute unique : Edgar Morin, l’un de des plus grands l’intellectuels français, surement celui qui compte le plus depuis Jean Paul Sartre, sera parmi nous à la Roche sur Yon et participera à une table ronde samedi 13 octobre en après midi : un moment à ne rater sous aucun prétexte. Pour vous donner une idée de ce monument qu’est Edgar Morin, lisez ce petit livre qui compte : « introduction à la pensée complexe ».

 

Morineedgar054.jpg Edgar Morin viendra fêter les 50 ans de son livre « les stars ». 

Mais ce qu’a apporté Edgar Morin me semble mieux identifié par sa réflexion sur la complexité du monde.

 

La complexité est un mot problème et non un  mot solution. Pourtant la réalité est complexe, c’est la science, qui pour expliquer, simplifie, au risque de ne plus embrasser la réalité.

 

Comment envisager la complexité du monde de façon non-simplifiante ? La nécessité de la pensée complexe est difficile à appréhender. Elle est pourtant indispensable à la compréhension du réel.

 

Il faut dissiper deux illusions. D’abord celle de croire que la complexité conduit à l’élimination de la simplicité. La seconde est celle de confondre complexité et complétude.

 

La pensée complexe est animée par une tension permanente entre l’aspiration à un savoir non parcellaire, non cloisonné, non réducteur, et la reconnaissance de l’inachèvement et de l’incomplétude de la connaissance.

 

Toute sa vie, Edgar Morin n’a pu se résigner au savoir parcellisé, à isoler un objet d’étude de son contexte. Il a toujours aspiré à une pensée multidimensionnelle.

 

Redoutable de présenter la profondeur de cette pensée et l’ampleur de son œuvre !

 

Pourtant, tous ceux qui ont écouté Edgar Morin le disent : c’est agréable, clair, limpide, humoristique.  C’est un plaisir. 

Je dois dire que c’est même un honneur pour notre ville de recevoir un tel personnage.

 

Venez au Manège samedi 13 octobre en début d’après midi. Parlez-en autour de vous, c’est un évènement !


Si voulez en savoir plus sur Edgar Morin alllez sur le site Wikipédia c'est éloquent !
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Mardi 11 septembre 2007 2 11 /09 /Sep /2007 07:00
Il est des débats, des conférences qu'il ne faut pas manquer. Ce sera le cas de trois conférences organisées durant la quinzaine de l'urbanisme : (voir informations sur site ville en cliquant). Rappelez-vous l'an dernier celle de Yves Chalas sur la "ville nature" (voir article de 2006). Et bien cette année vous aurez trois conférences qui se tiendront toutes à la Maison de quartier du Pont Morineau.  Il y en a une qu'il ne faudra pas manquer, ce sera celle de Jean Viard qui a regard intéressant sur l'évolution de la société et de la ville.


Viard049-modifi---1.jpg Je me permets de vous recommander la lecture de l'un de ses livres publié en 2006 : "l'éloge de la mobilité". Il y montre à quel point notre société s'est profondément transformée  au cours du siècle dernier. Depuis les congés payés de 1936, que de chemin parcouru ! 

Les départs en vacances sont devenus massifs, la durée du travail qui n'est plus que 67000 heures au cours d'une vie d'homme a été réduite d'un tiers. Nous sommes passés de 100.000 heures de temps libre à 400.000. Ces 300.000 heures ont d'abord été gagnées sur la mort pour 200.000 et sur le travail pour 100.000.

Un capital "temps libre" est apparu, dont tout le monde ne dispose pas autant et de la même manière.

On passe plus de temps devant la télévision qu'au travail ! Une société d'activités du temps libre s'est instaurée. 

On parcourait 5 km par jour en 1950 contre 45 km aujourd'hui. La mobilité s'impose avec toutes ses conséquences positives et négatives. 

Cette mobilité a produit une autre société, une autre "ville-agglomération". Des questions se posent sur l'accessibilité à un nouveau capital : le "capital spatial". 

C'est un nouveau territoire qui se façonne sous nos yeux sans que l'on en appréhende tous les aspects, toutes les opportunités nouvelles comme toutes les exclusions.

Un territoire - une ville - qui vit bien c'est un territoire qui crée des opportunités de rencontres, du lien social généralisé. Ce regard nouveau, décapant, sans concession, je vous invite à venir le découvrir  et à en débattre le 27 septembre à 19 heures à la maison de quartier du Pont Morineau.

Le lundi 17 septembre vous pourrez dans le même lieu venir entendre Jean Yves CHAPUIS, archistecte, urbaniste et élu local, pour "un regard d'un urbaniste sur les modes d'habiter aujourd'hui"

Le 24 septembre au même endroit une conférence très actuelle sur les déplacements concernera directement les yonnais : "Regards croisés sur les transports publics dans les villes moyennes".

Faites le savoir. Je compte sur vous.
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Vendredi 24 août 2007 5 24 /08 /Août /2007 07:00

Même si on a peu de temps, il est des livres qu'il faut avoir lu, dont il faut se nourrir. Ces livres uniques, ces chefs d'oeuvre ont inspiré les plus grands auteurs. Le poids des siècles ne leur a pas donné une seule ride. Parmi ces écrits, les lettres à Lucilius de Sénèque, écrites il y a 2000 ans, sont d'une pertinence, d'une vérité, d'une actualité incroyables. 

s--n--que045.jpg Ces livres ne se lisent pas comme un roman. Il convient de les déguster, page par page, y revenir souvent, s'en imprégner, les lire à nouveau. 

Alors oui, on acquière la certitude d'avoir appris quelque chose d'essentiel, de ne pas avoir perdu son temps... 

Si vous avez un peu de temps, ne le gaspillez pas - cette chose si précieuse : "seul le temps est à nous. Ce bien fuyant, glissant, c'est la seule chose dont la nature nous ait rendus possesseurs.." dit Sénèque - n'hésitez pas un instant, dégustez quelques-unes de ces lettres à Lucilius ! Vous en reprendrez, quelques temps après, j'en suis sûr, comme un plat que l'on découvre et dont il devient difficile de se priver après l'avoir goûté.  

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Vendredi 27 juillet 2007 5 27 /07 /Juil /2007 13:27

Avec une longue analyse du passé des différents systèmes marchands, Jacques ATTALI trace le champ des possibles pour notre avenir à 30 ou 50 ans. Décapant : c'est l'histoire permanente de l'équilibre entre marché et démocratie.  Le passé démontre à l'envie que les conditions de supprématie d'une "ville-coeur" ont toujours été les mêmes. Elles le restent pour l'avenir. 


Des évidences toujours ignorées et toujours vraies comme " finances et assurances, Attali---hist-avenir.jpg étroitement liées, constituent une dimension essentielle de la puissance marchande". Ou encore " l'ouverture aux élites étrangères est une des conditions du succès", "le vainqueur de toute guerre est celui qui ne la fait pas..."

L'histoire montre que des "villes-coeur" ont su assurer leur domination à partir d'une économie marchande florissante. Attali raconte comment le pouvoir est passé de "coeur en coeur" de Bruges à Venise, Anvers, Gênes, Amsterdam, Londres, Boston, New York et enfin Los Angeles.

Tenter d'envisager notre avenir - y compris celui de la France - est possible. Des dangers et des enjeux énormes sont devant nous comme la société d'hypersurveillance, l'hyper-conflit seule solution à un monde multipolaire !

"Depuis que la démocratie et le marché sont apparus, l'évolution va dans une direction unique : de siècle en siècle, elle généralise la liberté politique et canalise les désirs vers leur expression marchande".

Mais il est possible aussi d'organiser un monde plus humain où la démocratie reprendra ses droits sur le marché, où l'on valorisera "le gratuit", où une nouvelle attitude à l'égard du travail se généralisera, consistant à "trouver du plaisir à donner", où la ville sera le "principal lieu de l'essentiel de l'humanité"..

Un livre qui éclaire le champ des possibles de l'humanité... à lire dès maintenant.

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Jeudi 19 juillet 2007 4 19 /07 /Juil /2007 07:19

La gauche doit avoir quelque chose à dire. Surtout après la lourde défaite qu'elle vient de subir. La droite a d'abord gagné la bataille idéologique, puis la bataille électorale. Bien sûr sa maîtrise des pouvoirs de l'argent et des médias a été essentielle. Mais sans ressourcement idéologique la gauche perdra à nouveau, c'est une évidence. Pourtant ce n'est pas une fatalité, il faut travailler à repenser une "social-démocratie" de notre temps qui tire parti de ce qu'il y a de mieux dans le marché et de meilleur dans la démocratie. Pour Jaques  ATTALI, c'est la "voie humaine" qu'il faut explorer jusqu'au bout. Beaucoup de bonnes pistes dans ce livre  qui veut tracer les voies d'une nouvelle utopie. A lire absolument cet été...

                                                            
Selon Attali, la réflexion sur l'utopie Attali---la-voie-humaine.JPG doit partir du travail. Il faut que celui-ci redevienne source de plaisir pour que chacun puisse à tout instant faire usage maximum des potentialités de  sa vie. Gérer son temps, avoir du temps utile, du bon temps, avoir la vie devant soi, voilà une perspective pour tous, car le temps est finalement le bien le plus rare qui soit pour un homme et une femme !

Il nous faut inventer une société du savoir, de la responsabilité, de la gratuité pour échapper aux pièges de la marchandisation générale de la nature humaine. Pour que le travail cesse d'être aliéné, il faut que des choses et des services échappent aux marchés.

Avoir du bon temps, la vie devant soi, c'est aussi et d'abord ne plus être spectateur du pouvoir d'autrui, à vivre par procuration, mais être acteur de sa propre vie.  

La nouvelle social-démocratie passe par un renforcement de la démocratie face au marché !

Les nouvelles richesses humaines sont d'abord d'appartenir à un réseau coopératif, un tissu relationnel. Chaque individu est riche de sa santé, de son savoir, des relations qu'il entretient avec les autres !

Le patrimoine relationnel d'un individu est plus  important que son patrimoine financier. Autrefois, "pauvre", c'était ne pas avoir. Demain ce sera ne pas appartenir à un réseau relationnel !

Nous devons encourager l'entrée dans une ère d'économie relationnelle. D'ailleurs le relationnel est efficace économiquement. Là où existent des organisations civiques, des partis politiques, des syndicats, des associations, le marché est efficace. 

Dans l'économie de demain, l'efficacité économique dépendra du climat créé par l'économie relationnelle, laquelle dépend en retour des ressources créées par l'économie de marché !

Il faut redéfinir les biens essentiels, les activités socialement utiles.

Jacques ATTALI examine les dix chantiers d'une nouvelle social-démocratie : intéressant !

Il faut repenser la nation, renforcer l'efficacité du marché, améliorer le capital social de chaque individu, protéger contre la précarité par la mise en place d'un Revenu d'Utilité Social (RUS), aller vers la gratuité, repenser le rôle de l'Etat, passer de la démocratie à la responsabilité, vivre le temps de l'Europe, aider à la naissance d'un gouvernement mondial... 

Le travail est immense. Il ne l'était pas moins au début de l'ère industrielle, à la fin du 19ème siècle, où tous les repères - comme aujourd'hui - étaient brouillés. C'est la responsabilité des générations actuelles de s'y atteler comme à cette époque. 

Jacques ATTALI nous y aide. Un livre à "travailler" pendant les vacances !  

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Jeudi 28 juin 2007 4 28 /06 /Juin /2007 08:00

Refonder notre approche de l’économie, mais comment ?

Refonder, oui. Mais, comment ? Paresseusement, en réutilisant la recette éprouvée de la social-démocratie ? Certes, elle a réussi en Allemagne et en Europe du Nord dans les années soixante, mais son temps n’est-il pas passé ? Établie sur la base d’accords entre grandes entreprises industrielles d’un côté, syndicats puissants de l’autre, avec l’État comme arbitre, elle avait pour visée d’assurer un système de protections collectives institutionnalisées.

Sa condition de réalisation reposait sur l’existence d’un capitalisme industriel prospère et stable (le fameux capitalisme « rhénan »), qui ne correspond plus à la situation présente. Désormais, la mondialisation est un fait qui a changé en profondeur l’économie et la société. Et le syndicalisme puissant d'outre-Rhin n'existe pas de en France.

Plus d’internationalisme et plus d’individualisation

Nous devons y répondre d’abord par un internationalisme renouvelé et actif. Les inquiétudes environnementales et la question du développement durable posent le problème de l’avenir de la planète et de l’espèce sous un jour différent. Nous ne pouvons plus attendre en nous satisfaisant de gesticulations diplomatiques sans effet concret. Il est impérieux que chacun, à son niveau, prenne en compte ces nécessités, à commencer par nos collectivités locales, attendues aussi sur la question de la coopération décentralisée.

Ensuite –c’est une banalité aux conséquences réelles-, l’individu a émergé. Non pas l’individualisme, au sens égotique, mais l’être humain, avec ses besoins croisés de liberté, d’expression individuelle, de responsabilité et de protection face aux difficultés de la vie. Nos systèmes sociaux (protection sociale, éducation, formation au long de la vie, emploi…) doivent accompagner cette évolution en abandonnant progressivement les dispositions trop globales au profit de systèmes plus souples et personnalisés, adaptés aux particularités des bénéficiaires.

Face au « court-termisme », une gouvernance contractuelle

Enfin, l’horizon de la décision a changé. Durant les trente glorieuses, on pouvait dessiner des plans à long terme, sur 7 ou 10 ans. Aujourd’hui, c’est à très court terme que les marchés changent et que les directions des multinationales réfléchissent et rendent des comptes (tous les 3 à 6 mois). Il est évident que cette situation pose une question de gouvernance collective. Car, si dans trois mois les fonds de pensions qui avaient sauvé une usine retirent leurs capitaux pour les faire fructifier ailleurs, les salariés, les fournisseurs et le tissu économique local, eux, seront toujours là.

Nous devons donc apprendre à gérer les relations entre un puissance publique, un secteur public responsable du bien-être à long terme et des investisseurs sans racine et soucieux de rentabilité immédiate, si différents de la figure traditionnelle du maître de forges avec lequel nous nous étions habitués à gérer un rapport de forces localisé. 

Autrement dit, la ligne de front a changé et nous devons adapter nos moyens de négociation.

Dans ce contexte, la contractualisation représente un bon levier pour établir un accord gagnant-gagnant : si l’entreprise s’installe chez nous, c’est qu’elle y trouve son compte. Nous aussi. Alors, élaborons un accord, aussi adapté à la situation que possible (depuis l’avantage fiscal, jusqu’à la prise de participation publique) pour nous efforcer de le gérer en partenaires comptables de leurs intérêts respectifs. Et, si les conditions de production ont tellement changé que les capitaux extérieurs envisagent de se retirer, conditionnons ce retrait par les compensations les mieux adaptées à la situation locale du moment, avec le souci de rebondir plutôt que celui de maudire. 

Longtemps, le modèle de développement a été celui de villes confondues avec leur entreprise-phare : Peugeot à Sochaux, Michelin à Clermont-Ferrand, les Schneider au Creusot et Bata à « Bataville ». Désormais, les territoires doivent pouvoir « réussir leur divorce » avec une entreprise pour recomposer autrement une  « famille » solide et heureuse de travailler. Et ce « divorce intelligent » doit préserver au mieux les « enfants ». À la différence près que dans ce cas, ce ne sont pas les parents qui décident de la garde alternée, mais les enfants eux-mêmes, c’est-à-dire les citoyens qui apprennent à préserver par eux-mêmes leurs intérêts. 

Développer le goût du risque, le plaisir d'entreprendre avec une nouvelle "protection sociale" pour vivre mieux, avoir du "bon temps" !
 

Même si, et c'est une nouvelle frontière à conquérir, il importe que la puissance publique construise une véritable sécurité sociale professionnelle -pas celle de la droite qui n'en est pas une- qui permette à tout individu, salarié, entrepreneur ou créateur d'entreprise, de développer d'autant mieux son sens de la responablité et son goût du risque, qu'il sera assuré d'une protection réelle face aux accidents ou aux échecs. 

Une sécurité sociale professionnel qui joue le rôle d'une vraie famille : développer l'envie de voler de ses propres ailes, être confiant en l'avenir et apprendre le sens des responsabilités et du plaisir de les exercer. En fait c'est aussi aller vers des horizons ou le "temps", chose la plus rare en ce monde, soit du temps utile, du temps agréable, du "bon temps", que même le travail devienne source de plaisir. Retrouver des perspectives, avoir "la vie devant soi", voilà des perspectives nouvelles !   



 

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Dimanche 24 juin 2007 7 24 /06 /Juin /2007 09:10

Edgar PISANI a été un grand serviteur de l'Etat, le modèle du haut fonctionnaire qui a fait beaucoup pour la politique agricole, a été appelé à Nouméa pour dénouer la crise. C'est un haut fonctionnaire qui donne une haute idée de la haute fonction publique et, au-delà de la République et de  la France. Il a souhaité faire partager ses réflexions. C'est un grand bonheur de méditer sa pensée toujours, concise, toujours précise. 

 

Dans un livre paru aux éditions de Seuil « VIVE LA REVOLTE ! », Edgar Pisani nous livre son parcours, sa vision de la politique : «  cruelle la politique nous oblige à juger sur les actes et les résultats, non sur les intentions ». Ou encore les croyances : « Pour moi Dieu n'est pas un personnage, mais une question à laquelle j'ai peur de répondre, car ma réponse serait finie et c'est autre chose que je cherche. Je suis un « laïc, un « séculier » respectueux de toutes les croyances et de toutes les incroyances ».

 

Il a consommé plusieurs ruptures : avec le gouvernement de Michel Debré, de Gaulle, l'Europe dont il considère que L'Union Européenne agit comme si elle voulait rendre impossible sa propre naissance politique : pas faux non ?

 

Il a rompu avec le parti socialiste mais demeure fidèle aux idées et votera toujours pour ses candidats et ses positions. « Pourquoi ? parce que dans le monde tel qu'il est, dans la France qui se cherche il représente notre seule chance d'avoir un jour une politique qui devienne le médiateur entre l'économique et la société. La seule chance que nous ayons de construire une authentique démocratie où la liberté individuelle et le bien commun s'associent, où l'instant et la durée soient en relation dialogique. »

 

Critique du libéralisme très ciblée : « L'économie d'entreprise concoure au Bien commun, mais elle ne peut ni le définir, ni l'assurer. » Très juste, non ?

 

Regard éclairant sur la démocratie : « La démocratie institutionnelle est mise en cause parce qu'elle ne représente pas la société, mais la Nation. Etant plus des électeurs que des citoyens, plus des citoyens que des humains, nous devons inventer des expressions de la société réelle qui éclairent la démocratie ; il faut que naisse une démocratie du vécu, la démocratie participative. » Eclairant également, non ?

 

« Nous avons besoin d'une politique qui organise démocratiquement le vivre-ensemble et rende positives la diversité et les contradictions du réel au lieu des les amplifier ».


Un livre à lire pendant les vacances par ceux qui sont au pouvoir ou veulent y accéder !
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Dimanche 3 juin 2007 7 03 /06 /Juin /2007 20:56
Beck.jpg Ulrich Beck

La société du risque ; sur la voie d’une autre modernité

Trad. de l’allemand par Laure Bernardi

Ed. Flammarion, coll. Champs, 2001.



C’est en 1986, peu de temps après la catastrophe de Tchernobyl, que paraissait en Allemagne La société du risque. Livre pionnier, traduit en français au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 et de l’explosion d’une usine chimique à Toulouse. Alors qu’on s’interroge plus que jamais sur le « risque zéro », la prévention, le développement durable, l’ouvrage d’Ulrich Beck fournit les clés pour ce que l’auteur diagnostique comme un véritable changement de société.

Car, si nous ne vivons pas dans un monde plus dangereux qu’avant, le risque devient beaucoup plus qu’une menace. Il représente désormais la mesure de notre action. À une logique de répartition des richesses a succédé une logique de répartition des risques. Contrainte de se poser continuellement la question des ses propres fondements, la « société du risque » fait de la question de l’avenir du monde que nous laisserons en héritage, une question essentielle aujourd’hui.

Professeur de sociologie à l’université de Munich, Ulrich Beck est l’auteur d’une œuvre importante consacrée à l’individualisme contemporain, à la mondialisation et aux conséquences des changements technologiques.
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Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /Mars /2007 21:59
Pierre Rosanvallon

La contre-démocratie à l'âge de la défiance - Le Seuil - Septembre 2006


La démocratie aurait gagné la bataille des idées depuis la chute de l’empire soviétique. Mais, se résume-t-elle à ce rendez-vous périodique pour décider des dirigeants, suivi d’un long tunnel de plusieurs années ? Pour Pierre Rosanvallon, un des penseurs de la politique les plus en vue aujourd'hui, professeur au Collège de France et président de La République des Idées, il n’en est rien. Revisitant l’histoire de la démocratie, il met en relief son verso, ou son double oppositionnel, qu’il appelle « contre-démocratie ».

Celle-ci s’observe dans un ensemble de pratiques de surveillance, d’empêchement et de jugement au travers desquels la société exerce des pouvoirs de correction et de pression sur les décisions. À côté du peuple-électeur, il fait apparaître le peuple-vigilant et ses différents moyens d’influencer le cours des choses à mesure qu’elles se déroulent. Il montre qu’il a été possible, à différentes époques, de réintégrer le citoyen dans le fonctionnement des instances en évitant les abandons de la démocratie représentative et l’accaparement de la réalité du pouvoir par des castes politiques.

Dans les temps que nous vivons, l’Internet, la démocratie de proximité réellement utilisée comme moyen d’impliquer le citoyen dans le processus de décision, la constitution de jurys de citoyens, ou l’alerte de l’opinon par l’Internet sont autant de pistes susceptibles de ré-impliquer l’opinion dans les affaires de la cité. Nous qui, à La Roche-sur-Yon, pratiquons depuis de longues années cet exercice, nous pouvons témoigner qu’honnêtement conduite, la démocratie participative est loin d’être négligeable.

Mais, loin de tout angélisme, Pierre Rosanvallon dit également que ces dispositifs, ne doivent pas se couler dans le marbre. Ils doivent évoluer dans le temps pour s’épargner une trop grande institutionnalisation et rester vivants. Il signale aussi que, poussée à l’excès, la contre-démocratie peut virer au « contre tout » et au populisme, entravant la mission profonde de la politique qui consiste à créer un monde commun meilleur. Il suffit de se souvenir de Pierre Poujade et de sa campagne de 1956 où il braillait « sortez les sortants », pour comprendre que le risque est bien réel.

Voilà une pensée à la fois forte et équilibrée, qui réhabilite tous les rapports à la politique –des plus convenus aux plus oppositionnels-, en valorisant l’implication citoyenne du plus grand nombre dans le quotidien de la décision publiques. Une pensée inspirante pour nous, dont il n’est pas surprenant d’entendre qu’elle aurait eu une grande influence sur l’approche de sa campagne par Ségolène Royal.

Avouez qu’il est plus intéressant de traiter de politique à ce niveau-là qu’à celui des petits crocs-en-jambes et des méchantes chausses-trappes qui font le quotidien des campagnes électorales ! Alors, lisez Rosanvallon, il le mérite.

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