Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /Fév /2010 19:37

CSDUCette question n'est pas simple et fait l'objet de multiples polémiques, aussi bien en Vendée que dans de très nombreux départements ! Le plan départemental imposé par le conseil général - dont c'est désormais la compétence - en réaction à un projet,  préparé par les services de l'Etat certes très imparfait, est loin d'être un projet idéal. Le moment est venu de le modifier.... et de mieux le financer, en toute responsabilité !

 

 

 


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Pierre Regnault
  

J'ai voté contre le plan départemental imposé par Philippe de Villiers en réaction à celui de l'Etat. Pourquoi ? Parce qu'il me semblait uniquement construit en opposition à celui du préfet de l'époque, et élaboré sans concertation suffisante avec les maires et les intercommunalités chargées de le mettre en oeuvre.

Mais il se révèle surtout trop coûteux pour les vendéens. Ce sont plus de 150 millions d'euros d'investissements sur plusieurs années qui sont imposés par ce redevance incitativeplan !

D'ailleurs, le Ministère de l'écologie et du développement durable le reconnaît sur son site à l'occasion de l'installation du conseil national des déchets  à l'automne dernier. Je cite : "
Le recours au traitement mécano-biologique, en tant que procédé de stabilisation des déchets avant leur mise en décharge, dans le simple objectif d'en réduire la charge toxique, risque de ne constituer qu’une étape supplémentaire peu efficace et coûteuse, la part valorisable des déchets n'étant pas extraite en totalité."

Ce procédé assez ancien est cependant utilisé avec succès en Bretagne par l'usine de Launay Lantic, trés visitée par les Vendéens.


Pourtant les vendéens font des efforts très importants pour trier plus et mieux. Les intercommunalités réalisent un énorme travail pour inciter à diminuer la production de déchets ménagers, instaurent la redevance incitative, réalisent des déchetteries modernes, installent desCSDU recycleries en lien avec Trivalis, multiplient les sites de compostage, jouent à fonds la valorisation et le recyclage ...

Tout cela va dans le bon sens, mais si localement le coût de la collecte diminue, comme en Pays Yonnais cette année, le coût du traitement de ces déchets lui, ne fait qu'augmenter et cela risque de continuer compte tenu de l'importance des investissements prévus au plan départemental voté par le conseil général et que Trivalis est obligé d'appliquer et de mettre en oeuvre.

Une petite précision pour les non initiés. Trivalis est un syndicat mixte composé de toutes les intercommunalités de Vendée et qui a reçu mission, par transfert de compétence de la part des communes et intercommunalités, de réaliser les traitements des déchets collectés par les communes et intercos ! Trivalis ce sont les communes, les élus locaux, donc les vendéens, pas une multinationale !

Attention pas de confusion. Il faut assumer nos déchets et leurs coûts de traitement !

Pour ma part, je n'ai pas voté le plan départemental, trop dispendieux, pas assez concerté. J'ai pourtant accepté de participer à sa mise en place, considérant qu'en démocratie et en République, une fois le plan voté par la majorité du conseil général  - qui comme la loi le prévoit, s'impose au plan local  - il est de notre responsabilité de le mettre en oeuvre le mieux possible.

trions plus payons juste191C'est ce que je fais de façon responsable au sein de Trivalis, avec nombre d'autres collègues, eux aussi très critiques sur ce plan ! Et ces critiques émanent autant de collègues de droite que de gauche ! Elles relèvent toutes que ce plan est trop coûteux et conçu dans la précitation, l'urgence d'en faire un opposé à celui du Préfet de l'époque, qui comprenait, c'est vrai un incinérateur rejeté par beaucoup ! 

A ce sujet je voudrais rendre hommage aux maires et membres de Trivalis qui sont obligés de se "coltiner" la mise en oeuvre d'un plan concocté "au château", qu'ils n'ont pas voté, dont ils découvrent au fil du temps le coût et les améliorations qu'il conviendrait désormais d'y appliquer.

Ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain : l'améliorer,  le rationaliser et en diminuer le coût !

Remettre en cause tout le plan reviendrait à prendre des années de retard, à continuer à exporter nos déchets hors du département à des coûts faramineux et ne pas être pas sûr au final d'en avoir un moins coûteux. 

Non. Je demande simplement deux choses :

1- une modification qui tienne compte de l'expérience acquise, de la maîtrise progressive de la production des déchets, de la montée en puissance du tri, du compostage, des déchetteries, des recycleries, de la mise en place de la redevance incitative (ce qui va dans le sens du Grenelle de l'environnement), toutes choses qui vont faire moins progresser le tonnage de la poubelle "grise" vendéenne.

Il faut construire moins d'usines de Tri Mécano Biologique très coûteuses. Je pense que 2 auraient suffit : une sur la côte pour tenir compte du poids des déchets touristiques et une vers le centre de la Vendée pour le reste du département. Aujourd'hui, c'est sans doute trop tard, mais on peut encore éviter d'en faire 5,  n'en contruire que 4 serait dejà une économie, mais il est problable que 3 usines suffiraient largement. Bien sûr, avant une décision aussi lourde , il faut conduire une étude plus précise. Prenons exemple sur
Angers, avec le BIOPOLEqui a également refusé un incinérateur et construit un projetCOMPOSTAGE BRANLY x d'usine plus importante, mais au final moins coûteux : les économies d'échelle ça existe !

Bien sûr il faut adapter le nombre de Centres de Stockage de Déchets Ultimes et sans doute aussi le réduire, quitte à adapter en conséquence celui des centres de transferts... 

Je demande simplement une étude nouvelle et une modification à la baisse du plan d'investissement.

2- S'agissant d'un plan du conseil général, je propose de façon tout à fait responsable, que ce dernier supporte une partie, même modeste, du coût des investissements.

On ne peut pas en Vendée critiquer le gouvernement qui impose des lois aux élus locaux sans se préoccuper de  leur mise en application et de leur coût au plan local, et faire de même au plan départemental, sans écouter les attentes des élus communaux et intercommunaux et sans tenir suffisamment compte de leurs expériences  !

L'équation est simple : entre les économies réalisées par la modification du plan départemental et une participation du conseil général au coût des investissements, je propose que l'on fixe un objectif de 30 % de réduction du montant global de  l'investissement pour le traitement des déchets, montant dont le coût sera supporté par Trivalis et facturé aux intercommunalités.  Plus la modification du plan sera substantielle et moins le conseil général aura à apporter de subvention d'investissement à ce plan.

Cette stratégie aura un immense avantage : les vendéens pourront alors se voir récompensés de leurs efforts de tri, de réduction de production de déchets, et auront une facture '"déchets" qui, d'ici quelques années, diminuera !

Philippe de Villiers aurait tort de prendre de haut cette proposition à la fois responsable, partagée par beaucoup et qui peut devenir consensuelle ! 

 


Publié dans : Environnement
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