Dimanche 13 décembre 2009
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La bulle médiatique est incroyable. Depuis l'automne 2008, que n'a-t-on entendu et lu sur la crise. D'un occident au bord du gouffre en octobre 2008, à une sortie de
crise évidente, un G 20 surpuissant ou inutile. Tout y passe. Ce qui est sûr c'est que cette crise ne ressemble à aucune autre. Le dernier numéro d'"ESPRIT" passe en revue une pluralité de points de vue très intéressants pour comprendre... qu'on a encore pas tout compris
!
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Pierre
Regnault
Comme le précise Eloi Laurent dans un des articles de cette revue "ni péripétie, ni cataclysme", Fernand Braudel nous apprend que le monde ne se comprend bien qu'en trois
dimensions, trois
espace-temps : la longue durée géographique, les tectoniques sociales et économiques et enfin l'agitation politique du moment, le temps des individus.
Dans cette crise à nulle autre pareille, se superposent trois strates
qu'il faut s'efforcer de relier par l'analyse en procédant à rebours de l'ordre braudélien : l'écume de la crise du capitalisme financier, la houle de la crise des inégalités
sociales, la marée de la crise écologique...
Dans
l'effondrement de la finance mondialisée de 2008, il faut bien admettre qu'on a limité la casse. Mais le G20 n'a toujours pas décidé la séparation entre banques d'affaires et banques de
dépôt, c'est à dire entre spéculation en bourse qui créée des richesses virtuelles, et richesses réelles générées par les entrepreneurs, les producteurs, les particuliers, financés
par les banques de dépôt.
C'était pourtant l'une des décisions stratégiques prises après la crise de 1929, hélas remise en cause dans les années 1990... et qui a permis la catastrophe de
2008 !
Compte tenu de cette carence décisionnelle, on peut être assuré d'un retour de la bulle financière et d'une nouvelle crise. Seule la date est incertaine. Comme si on n'avait rien appris de 1929 !
L'une des données nouvelles, mise en évidence par plusieurs auteurs de la revue ESPRIT, est que
le capitalisme lui-même ne pourra plus ignorer l'impératif écologique ! Mais le temps de l'écologie est un temps long et se heurte au temps court de l'économie et du
politique.
La dureté des affrontements entre pays riches et pauvres, l'immigration climatique qui ne fait que commencer, les déplacements des populations liés à l'accroissement de la pauvreté et
des inégalités qui va s'amplifier, la prise de conscience que nous vivons définitivement sur une TERRE UNIQUE et dans un monde où les problèmes sont globalisés, ce qui signifie
qu'ils doivent nécessairement être partagés, tout cela va, doit produire des changements de comportements.
La revue ouvre le débat dans plusieurs champs : recherche d'un
modèle de croissance, de la certitude de la marche vers la catastrophe - le choc de la crise frappe plus la gauche que la droite - crise : menace ou chance pour les villes - la
crise financière en Chine : une divine surprises ? - Vrais et faux procès du savoir économique, etc...
ESPRIT est une revue de très bonne réputation que je vous recommande. Bonne lecture !
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