Mercredi 21 octobre 2009
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Eric Maurin, économiste et sociologue, vient d'écrire un livre décapant ! "la peur du déclassement" qu'il faut lire. Déclassement est sur toutes les
lèvres. Mais, comme pour la sécurité, il faut distinguer déclassement et peur du déclassement. Et la peur fait des ravages incroyables. Avec la récession, la pire depuis 1929, nous
sommes entrés dans une société de la peur qui détruit le lien social.
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Pierre
Regnault
Aujourd'hui, il est exact que nombre d'enfants ne vivront pas l'ascenseur social qu'ont vécu leurs parents, qui eux, dans la période des trente glorieuses, ont
pu acquérir un statut social supérieur à celui de leurs parents : C'était l'ascenseur social. Je fais partie de cette génération privilégiée, qui n'a pas connu la guerre et qui a pu se
former et, souvent à la force du poignet, se faire une place au soleil meilleure que celle de ses parents.
Au cours de cette période, les luttes syndicales ont su conquérir de nombreux acquis sociaux permis par la croissance de la richesse du Pays, taux de croissance PIB devenus
inaccessibles (+ de 5 %) depuis la crise du pétrole de 1974.
Aujourd'hui, les nouvelles générations ont le sentiment inverse. Elles se sentent sacrifiées et un nouveau concept est apparu récemment, celui du "descendeur social" !
Cette situation là s'est aggravée avec les récessions successives qui évidemment produisent des déclassements sociaux : 300000 personnes ont perdu leur emploi au cours des 12 derniers
mois.
Mais elle provoque surtout un réflexe de protection totalement compréhensible qui touche la grande masse de ceux qui estiment avoir plus à perdre qu'à gagner dans l'évolution actuelle. Ils
recherchent alors, avec l'appui des politiques, des syndicats, des autres acteurs, des formes de luttes nouvelles, un renforcement des protections, qui en retour provoque une peur de perdre ces
protections chez beaucoup plus de personnes encore. Une société de la peur s'installe, où ceux qui ont un statut qui est plus protecteur que d'autres, les professions
libérales, les fonctionnaires, sont perçus comme des privillégiés.
Notre société apparaît comme une société de la peur qui fait des ravages incroyables, qui délite le lien social et qui d'une certaine façon crée, non pas les conditions d'une amélioration
sociale, selon l'auteur, mais tend à bloquer encore plus la société.
Cette réflexion oublie un peu trop sans doute que les vrais privilégiés sont aujourd'hui les tenants du CAC 40 qui, en pleine crise continuent à s'en mettre plein les
poches. Elle a cependant le mérite de souligner les points de blocage
de notre société, points que la gauche doit prendre en compte dans son projet pour 2012 pour redonner espoir et perspectives aux couches moyennes et populaires de notre pays. Je vous recommande
cette lecture.
Deux petites vidéos d'Eric Maurin lui-même. La première : Qu'est-ce qui différencie le déclassement de la peur du déclassement
Seconde vidéo : la peur du déclassement aggrave-t-elle les blocages de la société française
?
Publié dans : Politique
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