Jeudi 25 février 2010
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Joseph E. Stiglitz est prix Nobel d'économie. Il a été conseiller de Clinton. Il avait, avec quelques
autres économistes peu nombreux, prévu la crise des subprimes et la dépression de 2008. Il vient de publier un livre remarquable "le triomphe de la cupidité". C'est limpide, éclairant
! Ce livre est un livre qui fera date, il est facile à lire, et explique très bien les dérives du capitalisme, ce qu'il conviendrait de faire. Recommandez-le autour de
vous. Les articles sur ce livre sont légions ! Voir aussi les blogs !
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Pierre
Regnault
La dernière crise débutée en 2007, qui a déstabilisé la planète entière en 2008, était prévisible, le résultat de politiques désastreuses. Il faut aujourd'hui en
tirer les leçons pour en sortir et éviter que cela recommence.
Stiglitz estime que nous sommes à la croisée des chemins. Soit nos sociétés continuent à faire
triompher la cupidité, à mettre au coeur de nos sociétés, le marché libre, incontrôlé, l'obsession du court terme, les déréglementations, la libre circulation des capitaux... et nous
assisterons sans fin aux pires dérives du capitalisme, soit nous acceptons de considérer les causes fondamentales de ces échecs et, alors nous aurons une chance de nous en sortir.
La crise de septembre a révélé le "fondamentalisme" du marché et est, pour lui, l'équivalent de la chute du mur de Berlin pour le communisme !
L'industrie financière a le pouvoir partout et obtient des gouvernements des sommes faramineuses pour payer des bonus : c'est un scandale !
Stiglitz a été conseiller de
Bill Clinton. Il estime que Obama fait mieux que Busch, mais qu'il ne prend pas toutes les mesures qui conviendraient à la période actuelle.
Comme si nos sociétés avancées n'avaient rien appris de la crise de
1929, la séparation des banques d'affaires qui spéculent et des banques de dépôts, qui avait été décidée suite à la crise de 1929, a été
remise en cause en 1999 ouvrant la porte à la spéculation des années 2000.
Résultat : en cas de faillite suite à des spéculations, les gouvernements sont obligés de payer les déficits des banques, comme en 2008 par centaines de milliards d'euros,
pour que les déposants ne soient pas spolier. Ce sont alors les États qui doivent imposer à leurs populations des politiques antisociales pour pouvoir payer les déficits des
spéculateurs.
L'exemple de la dette camouflée de la Grêce, grâce à la Goldman
Sachs, la plus prestigieuse banque d'affaires américaine, est un vrai scandale. Les produits dits structurés, qui font gagner des
milliards à leurs dirigeants, ont été proposés et vendus aux entreprises, aux collectivités et même aux Etats !
La spéculation, les produits dérivés, les crédits hypothécaires, la libéralisation des
marchés de capitaux, la volonté de gagner beaucoup à court terme au détriment des investissements porteurs d'avenir à long terme, la cupidité en fait, a conduit l'économie mondiale au bord du
précipice.
Aujourd'hui encore les bonnes décisions ne sont pas prises !
Il faut lire ce livre pour que la gauche, revenant au pouvoir, ne se trompe pas de politique économique. Il propose en effet un rôle de l'état renforcé, un pouvoir de régulation à réhabiliter
pour mieux encadrer le marché, qui sans cela ne peut que faire des dégâts, amener le chômage, la misère et même la guerre ! Des solutions existent : c'est à la gauche de les mettre en place
!
Merci monsieur Stiglitz pour cette leçon d'économie de haut vol très convaincante !
Ecoutez le sur France inter c'est intéressant.
Publié dans : Politique
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