Samedi 7 novembre 2009
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Je ne vous parle pas de tous les congrès qui se déroulent à La Roche sur Yon. Mais celui-ci est particulier pour moi. C'est celui d'une organisation de service
agricole au sein de la quelle j'ai passé la plus grande partie de ma vie professionnelle. Ce congrès a rassemblé plus de 200 présidents, directeurs, techniciens de ces organisations sur deux
journées.
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Pierre
Regnault
Les ADASEA (Association Départementale pour l'Aménagement des Structures Agricoles) sont issues des lois d'orientation votées en 1960 et 1962, à l'instigation
d'un grand Ministre de l'agriculture dont j'ai déjà parlé sur ce blog Edgar
PISANI en commentant deux de ses livres.
Présidées par des responsables professionnels agricoles, issus pour la plupart du syndicat majoritaire FNSEA, elles exercent une mission de service public, sous le
contrôle de l'Etat. Leur histoire est longue et illustre, à leur origine, la véritable "co-gestion" instaurée par le pouvoir gaulliste et la FNSEA, syndicat qui, dans la période heureuse pour cette organisaion, nommait carrément le Ministre de
l'Agriculure.
La Politique Agricole Commune est passée par là, avec succès car elle a
réussi à atteindre son
objectif qui était de construire
une agriculture européenne, non seulemnt capable de nourrir les européens au sortir de la guerre, mais de faire de celle-ci la principale puissance exportatrice au monde de produits
agricoles.
Cette même PAC, impactée par la politique libérale de la commission et du parlement européen de droite, est
en train d'être démantelée, avec tous les outils de maîtrise et de régulation qui avaient fait son succès comme la "préférence communautaire".
Aujourd'hui encore les ADASEA, très concernées par ces politiques agricoles, puisque chargées de mettre en oeuvre une partie de celles-ci, ont un véritable savoir-faire en matière de
renouvellement des chefs d'exploitation en agriculture : installation des jeunes agriculteurs, répertoire départ installation, comme en matière de gestion des aides agroenvironnemetales.
Ces dernières étaient conçues pour réorienter l'agriculture vers une agriculutre
durable, plus respectueuse de l'environnement, moins consommatrice de pesticides et d'engrais. Cette politique intelligente a été un temps - je l'ai vécu en Vendée - une perspective
crédible, notamment à travers les Contrats Territoriaux d'Exploitation mis en
oeuvre par un ministre du gouvernement Jospin : Jean Glavany.
Mais rapidement le libéralisme ambiant et la restriction des crédits dans ces domaines ne permettent plus d'en faire un bilan positif et d'éviter, par exemple, la catastrophe des algues vertes
sur les côtes bretonnes et bientôt vendéennes par excès d'azote dans les prairies.
C'est donc sur fonds d'inquiétudes que s'est
déroulé ce congrès, très bien organisé par ailleurs. Inquiétude pour les salariés qui l'ont manifestée avec retenue. Mais inquiétudes aussi pour les responsables agricoles qui voient le budget
national consacré aux ADASEA diminuer de 50 % entre 2001 et 2010 !
Sans doute que ces organisations agricoles - il y en a de nombreuses - devraient être regroupées, restructurées, adaptées aux nouveaux besoins. Force est de constater que, dans ce domaine comme
dans d'autres, le pouvoir actuel a choisi de tailler dans les budgets et de laisser pourrir la situation.
Cette politqiue semble d'autant plus facile à imposer que les grandes organisations agricoles : FNSEA et APCA (dont le président est le vendéen luc Guyau), elles aussi fragilisées de longue
date par l'évolution de la PAC, ne semblent pas en situation d'anticiper ces modernisations à mettre en place.
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