Jeudi 8 octobre 2009
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Je vous parle souvent de ces réformes en ce moment : territoriale et taxe professionnelle en particulier.
Certains doivent se demander pourquoi. Ce n'est pas qu'une affaire d'élus, mais du devenir même de la République décentralisée, telle que l'organise la constitution française. Tout est lié
dans la politique du gouvernement. Explications :
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Pierre
Regnault
J'ai avec beaucoup d'autres le sentiment que quelque chose de grave est en train de se passer qui peut très vite avoir de lourdes conséquences sur
la vie quotidienne des français !
L'Etat est au bord de la faillite !...
Le budget de l'Etat (PLF 2009) est d'environ 280 milliards
d'euros.
Début 2009, il était en équilibre, si l'on peut dire, avec un déficit de 52 milliards d'euros. Or le déficit réel en fin d'année
2009 sera de 140 milliards d'euros !
Rendez-vous compte, lorsque l'Etat dépense 2 euros, il n'en perçoit qu'1 soit l'équivalent de 50 % du déficit. Ce budget prévoit des exonérations
fiscales, comprenant aussi le bouclier fiscal, qui s'élèvent à 72 milliards d'euros, soit 50 % du déficit 2009 !
En clair aujourd'hui l'Etat emprunte pour financer les exonérations fiscales, le bouclier fiscal qui protège les riches et certains bénéficiaires de niches fiscales. Début 2008, Fillon
déclarait "la France en faillite" avec seulement 52 milliards d'euros de déficit ! Que dit-il aujourd'hui avec 140 auxquels il faut ajouter 20 milliards d'euros de "trou de la
Sécu".
Il va bien falloir payer un jour ! Imaginez un instant que la gauche ait produit cette "chienlit budgétaire"! Car la crise a bon dos. Bien
sûr il fallait un plan de relance. Mais pourquoi ne pas remettre en cause le
bouclier fiscal, les niches fiscales. Pourquoi ne pas faire jouer la solidarité et augmenter l'impôt de ceux qui ont de gros revenus ?
... et Sarkozy veut faire payer les collectivités, réduire les services publics locaux
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Au lieu de cela Sarkozy veut s'attaquer aux collectivités. Tout d'abord en s'appuyant sur les thèses du
MEDEF pour supprimer la taxe professionnelle et faire porter l'effort sur les ménages, étrangler les collectivités locales qui, contrairement à l'Etat, doivent présenter leurs budgets en
équilibre.
Hier matin j'ai eu le privilège avec 3 autres maires, au nom de la
Fédération des Villes Moyennes: Bruno Bourg-Broc, président, député maire UMP de Châlons
en Champagne, le sénateur Maire UMP de Béziers, Raymond Couderc, Christian Pierret, maire de St Dié les Vosges, ancien Ministre socialiste, de rencontrer le ministre de l'Intérieur
et des collectivités locales, Brice Hortefeux, Place Beauveau, pour défendre notre point de vue dans ces réformes.
Nous avons été bien reçus et certains points, notamment sur l'évolution des intercommunalités sont positifs.
Mais l'équilibre global est catastrophique. Le cumul des deux réformes va "étrangler " les communes, départements et régions qui gèrent mieux que l'Etat, réalisent 75 % des
investissements et ne représentent que 10 % de l'endettement national !
Il est de plus en plus évident que le gouvernement Sarkozy veut obliger les collectivités à diminuer leur budget, donc en conséquence, diminuer leurs investissements, puis le personnel et donc
les services publics locaux. Même des élus de droite le disent ouvertement !
Sarkozy dépense à tout va et veut imposer aux collectivités d'en payer une partie ! Cette politique, si elle n'est pas arrêtée par les parlementaires de droite, alliés à ceux de gauche, serait
une telle catastrophe qu'elle ébranlerait les bases mêmes de la République.
Vous avez bien lu : nous en serions réduits à compter sur le bon sens de quelques élus de droite - il y en a - un peu plus conscients des réalités locales. C'est grave, très grave
!
Alain Juppé, qu'on ne peut pas suspecter
d'être de gauche, critique violemment la réforme de la taxe professionnelle de Sarkozy dans Sud Ouest en ces termes "Le président Sarkozy avait promis une compensation euro par euro mais il
avait oublié de dire pendant un an", a-t-il dit. Résultat: dès la deuxième année, la communauté urbaine de Bordeaux perdrait, selon lui, "plusieurs millions. C'est tout de même se foutre du
monde".
Il ne faut pas les laisser seuls. La mobilisation de toute la gauche doit se mettre en marche comme elle a commencé à le faire avec une réelle efficacité avec la votation
citoyenne pour défendre le service public postal.
La période est délicate pour Sarkozy qui voit sa majorité tanguer et s'effriter, mais elle peut être dramatique pour les collectivités locales et les services publics locaux qui "font le vivre
ensemble" des français.
La mobilisation contre ce gouvernement doit s'amplifier à l'occasion des élections régionales. De deux choses l'une : ou il gagne ces élections et rien n'arrêtera Sarkozy dans son entreprise de
casse du sytème social français, ou il perd ces élections et l'on peut encore sauver l'essentiel du contrat social de notre pays !
Publié dans : Politique
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