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Je viens de "dévorer" un livre "ECOLOGICA" aux éditions Galilée, le dernier qu'a écrit André GORZ avant de disparaître en 2007. André GORZ est un penseur français assez peu connu mais dont on parlera de plus en plus. ECOLOGICA, comme l'écrit la revue "Alternatives
économiques" est d'abord le témoignage d'un pionnier de l'écologie politique.
contemporaines.
...on a beau accuser la spéculation, les paradis
fiscaux, l'opacité et le manque de contrôle de l'industrie financière - en particulier des hedge funds - la menace de dépression, voire d'effondrement qui pèse sur l'économie
mondiale, n'est pas due au manque de contrôle; elle est due à l'incapacité du capitalisme à se reproduire. Il ne se perpétue et ne fonctionne que sur des bases fictives de plus en plus
précaires...
Selon Gorz, le prototype de l'économie de demain est l'économie de la gratuité, celle fondée par le hacker qui a produit le logiciel libre tel
LINUX et le copyleft, cet opposé du copyright !
Pour lui Peter Glotz, intellectuel du SPD (parti social démocrate allemand) a
raison : "plus le capitalisme" numérique étend son emprise sur nos vies, plus grand deviendra le nombre des déclassés volontaires"
La sortie du capitalisme aura donc lieu d'une façon ou d'une autre, civilisée ou barbare. la question porte seulement sur la forme que cette sortie prendra et sur la cadence à laquelle
elle va s'opérer" .
Décroissance et écologie politique, perspectives inévitables !
Il démontre que la logique de production et de consommation de notre société nous conduit à l'impasse, dont le réchauffement climatique n'est qu'un aperçu !
Il affirme que le travail n'est pas une fin en soit et plaide pour une quantité de travail simplement suffisante à nos besoins. Car il faut le dire :
"Il existe beaucoup plus de talents, de compétences et de créativité que l'économie capitaliste n'en peut utiliser. L'emploi est donc une espèce en voie
d'extinction".
Une autre économie est à construire. "L'activité économique n'a de sens qu'au service d'autre chose qu'elle-même. L'économie de la
gratuité, du logiciel libre, des ateliers artisanaux high-tech, les"digital fabricators" ou "fabbers".
Vraiment passionnant. Ce qui semble sûr et démontré, mais non reconnu, c'est que la croissance des PIB ne permet pas de sortir du piège de la modernisation néo-libérale.
"Du point de vue économique, même l'innovation ne permet pas de créer de valeur. Elle permet de créer de la rareté, source de rente, et d'obtenir un surprix au détriment des produits
concurrents".
"Il faudra ajouter aux indicateurs de richesses habituels du PIB, d'autres indicateurs, comme l'état de santé de la population, son espérance de vie, la qualité de l'environnement,
le degré de cohésion sociale. Dans ces domaines l'un des pays les plus pauvres de la planète, le Kerala, - vous connaissez ? - s'est révélé l'un des plus riches !"
"Les richesses qu'aucune entreprise ne peut fabriquer, qu'aucun salaire ne peut acheter, dont aucune monnaie ne peut mesurer la valeur, sont par exemple la qualité du milieu de vie, la
qualité de l'éducation, les liens de solidarités, les réseaux d'aide et d'assistance mutuelle, l'étendue des savois communs, la culture qui se reflète et se développe dans les interactions de
la vie quotidienne - toutes choses qui ne peuvent prendre la forme d'une marchandise, qui ne sont échangeables contre rien d'autre, qui n'ont pas de prix mais une valeur
intrinsèque. C'est d'elles que dépendent la qualité et le sens de la vie, la qualité d'une société et d'une civilisation".
Et si nos modèles de croissance
étaient périmés ? Nous sommes devant une situation où les trois catégories de l'économie politique : le travail, la valeur et le capital ne sont plus mesurables selon un étalon
commun.
Et si le simple contrôle du capitalisme - qui est loin d'être acquis - ne contrôlait qu'un système condamné ?
Et si l'on se mettait à définir ensemble, démocratiquement un nouveau modèle de croissance plus respectueux de l'Homme et de la planète ?
Une autre économie est possible où la valeur travail prend un tout autre sens, où un revenu d'existence, déjà proné par Keynes - idée séduisante mais dangereuse selon certains - découplé
du temps de travail, et du travail lui-même, ne serait plus une utopie. On est loin du "travailler plus pour gagner plus" !
Bonne lecture !
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