Dimanche 25 juin 2006 7 25 /06 /Juin /2006 10:04
C’est en s’éloignant un peu, chez nos grands voisins européens, qu’on perçoit le mieux l’état de déliquescence insondable de l’exécutif français et de sa majorité parlementaire. L’ambiance générale, chez les observateurs et les politiques, a dépassé la consternation. Elle en est à la sidération.

Du Premier ministre qu’il est censé soutenir au Parlement, un député de l’UMP disait récemment, que s’il commettait une bourde par mois en 2005, il en était désormais à une par semaine. Avec une cote de 22% dans le baromètre TNS-SOFRES, il a dépassé son maître, Alain Juppé, chassé de Matignon avec 28% de confiance. Quant à Chirac, impérial, il atteint les 17%, lui que plus de 82% des Français avaient élu en 2002 !

D’affaire Clearstream en affaire Guy Drut, de crise des banlieues en valse-hésitation sur l’avenir de GDF et jusqu’aux consternants comportements de leurs amis à la tête de Vinci et d’EADS, tout tourne à la catastrophe. Les pratiques d’officines, dignes de la belle époque du SAC et de Charles Pasqua, se réalisent maintenant au grand jour, depuis les palais et avec les moyens de la République, dans un ping pong infernal entre Matignon et la place Beauvau.

Mais, le pire n’est pas là, car frondeurs comme nous sommes, nous pourrions prendre la situation avec dérision. Non, le pire c’est que les Français souffrent. Ils souffrent de précarité, de pouvoir d’achat rétréci de mois en mois, d’injustice profonde, de désordres publics et d’un sentiment de mépris de la part d’une classe dirigeante dont la morgue n’a jamais été aussi grande.  

Et, dominant ce marécage dans la tiédeur de l’Élysée, le Président paraît sourd et insensible, comme frappé d’immobilisme. Plus son Premier ministre s’enfonce, plus la France peine, moins il paraît enclin à bouger. Comme il lit la presse et qu'il ne regarde pas la télévision pour la seule coupe du monde de football, il doit contempler la situation avec le goût du vertige qui saisit le plongeur aux abords des grandes profondeurs. Après deux mandats dont il ne restera qu’une France affaiblie, celui qui a passé une des plus longues carrières politiques françaises pour atteindre la fonction suprême, paraît de plus en plus aspiré par le vide sidéral du Grand Bleu. Qui sait si un jour, au large de Brégançon, on ne perdra pas tout simplement sa trace ?

Publié dans : Editorial
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Commentaires

Vous avez bien raison: je viens de voir ce soir Chirac au journal télévisé, il va droit dans le mur avec un grand sourire. C'est incroyable qu'il se refuse à nommer son "ministre d'État, ministre de l'Intérieur", comme il dit, et qu'il refuse de voir la lutte à mort engagée entre les deux têtes de son gouvernement.
Commentaire n°1 posté par Christian le 26/06/2006 à 21h48

Une question résume la situation :


La FRANCE a-t-elle encore un Président de la République ?

Commentaire n°2 posté par Marie le 04/07/2006 à 19h45

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