Dimanche 14 mai 2006
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Certes, l’affaire Clearstream (bien mal nommée !) s’affirme comme un réel scandale. User et abuser des moyens de l’État ajoutés à des faux pour atteindre un adversaire par d’autres moyens que ceux du débat public, mérite que les démocrates de tous bords se lèvent pour dire leur colère.
Mais cela ne doit pas masquer l’essentiel. C’est-à-dire l’échec de ce gouvernement qui n’a su qu’accroître la précarisation sociale, vider de sa substance l’éducation et l’université, creuser le fossé avec les banlieues et laisser devenir inaccessible à beaucoup l’accès à un logement décent.
C’est pourquoi Emmanuel Todd a raison, quand il déclare à Libération (12 mai, page 7) qu’il « est impossible de ne pas voir cet emballement comme une tentative de fuite hors de la réalité ». Et plus loin, quand il ajoute : « Nicolas Sarkozy vient d’affirmer qu’il irait jusqu’au bout de l’exigence de vérité. Cette exigence de vérité, exprimée avec tant de grandiloquence par Nicolas Sarkozy, est parfaitement ridicule lorsqu’il s’agit d’un sujet aussi mineur. Ce n’est pas être un homme d’État responsable que d’être intransigeant sur le dérisoire ».
Publié dans : Editorial
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