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Il y a quelques semaines déjà que je voulais vous parler de ce petit livre lu
pendant l'été, moment propice à la détente et à la réflexion. Il est le résultat d'un entretien entre un homme d'Etat : Edgar Pisani, un journaliste : Stéphane Paoli et un sociologue bien connu
puisque je l'ai invité à La Roche pour un débat sur la mobilité. Je veux parler de Jean VIARD. Je
vous le recommande !
Edgard
PISANI - dont j'ai déjà commenté un des livres sur ce blog -aime la France et l'Etat. Mais mieux vaut le laisser
parler pour comprendre que celui qui est à sa tête en ce moment a peu de chance, hélas, de bien le réformer !
"Un Français ne peut pas ne pas aimer la France. Il peut ne pas aimer son appareil administratif et politique. j'aime les deux ! la première, d'une tendresse filiale, d'un amour vrai.
Le second, avec une passion cruelle car si je mesure combien nous avons besoin de lui, je brûle de le réformer dans son architecture et ses pratiques qui donnent à la France une image
caricaturale et la paralysent. [...]
Un chef de l'Etat, ne doit pas se précipiter sur l'évènement. Il faut qu'il observe, consulte, réfléchisse sur le fond avant d'intervenir. Pour intervenir, sauf exception, en tant qu'arbitre. le
pouvoir présidentiel est un pouvoir non pas d'autorité, mais d'arbitrage. Pour pouvoir exercer ce pouvoir sereinement, il faut donner aux parties
l'occasion de s'exprimer complètement, librement."
Cette réflexion aujourd'hui peut paraître décalée, à un moment où Sarkozy donne, c'est vrai, le sentiment de redonner de la force au politique au plan non seulement national, mais aussi
européen.
Pourtant elle a toute sa place. Car n'en doutez pas, au feu de l'action, qui dans la crise actuelle met en avant, de façon positive, en première ligne, le leader qu'il est, suivra une
période où, rapidement, la nécessité de vraies réformes réapparaîtra.
Ce que Sarkozy engage aujourd'hui et qu'il appelle réforme de l'Etat, du droit du travail, de la fiscalité, du logement, des inégalités, des collectivités locales, tout est conçu en totale
opposition avec la philosophie et la méthode exposée par Edgard PISANI.
Il n'est pas besoin d'être devin pour affirmer que ce n'est pas en "cassant" que l'on réforme, mais en arbitrant après avoir dit la vérité aux Français, après les avoir
mobilisés.
Bonne lecture !
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