Dimanche 25 février 2007
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Il y a quelques temps, l’APF (Association des Paralysés de France) m’avait invité à réaliser un parcours en ville en fauteuil roulant. Belle expérience qui fait, mieux que tous les discours, prendre conscience des difficultés rencontrées par les handicapés et les aménagements urbains nécessaires. Ce samedi c’est l’association des chiens guides d’aveugles de Vendée « à pied à pattes » qui m’avait lancé le même type d’invitation. Intéressant et édifiant !
Merci à monsieur Paul OLIVIER secrétaire de cette association, et à ses membres,
pour m’avoir invité et assisté avec beaucoup de pertinence et de sensibilité, moi et Micheline LABROUSSE, élue municipale chargée de ces questions.
Partir de la Mairie avec un bandeau noir sur les yeux, une canne, et quand même un bras secourable pour ne pas laisser le maire heurter un obstacle quelconque, est une expérience riche d’enseignement.
D’abord exprimer ce que l’on ressent est difficile. Le décrire est plus simple. Le noir absolu fait vite oublier les repères, oblige à mettre en alerte ses autres sens : l’écoute devient « énorme » : on entend les voitures arriver, mais on ne sait pas si on peut s’aventurer, si on doit traverser la route ! Le toucher du sol est différent, d’où l’extrême utilité des bandes « podotactiles » que l’on vient de mettre en ville et qui signalent le passage piéton. La canne aide à « suivre » le trottoir, à sentir les murs, les bornes urbaines, les bacs de fleurs ou les panneaux et chevalets publicitaires. L’horreur c’est une voiture garée anormalement à cheval sur le trottoir et les poubelles que l’on heurte systématiquement. Si seulement ceux qui laissent leur poubelle sur le trottoir pouvaient faire la même expérience que moi, ils se dépêcheraient de la rentrer avant de partir au travail où trouveraient un voisin pour le faire à leur place s’ils sont partis travailler !
Lorsque l’on aborde un espace vaste, comme les larges trottoirs qui environnent le rond point du Bd des Etats-Unis et de
la rue Joffre , j’avoue avoir été perdu car sans repère. On marche avec le plan de la ville en tête, et si la ville change – c’est obligé – il faut en être averti !
Par contre Paul OLIVIER m’a fait marcher à ses côtés conduit par son chien qui s’appelle « Voyou » : quel changement par rapport à la seule canne ! C’est vraiment une sécurité que l’on retrouve, Il suffit de lui faire confiance. Le pas est alors aussi alerte que celui d’un voyant. On est sûr de traverser la route en sécurité, car lui voit les voitures et en tient compte. Tous les non voyants devraient être dotés d’un chien !
De ce voyage dans le noir dans notre ville, je n’ignore pas les progrès –réels - que nous avons faits à la Roche, mais je mesure mieux ceux qui nous restent à faire. Ils sont à notre portée. La commission accessibilité mise en place l’an dernier et prévue par la loi de 2005 est très utile pour un échange plus riche encore avec les associations. Je me félicite de la décision prise d’engager une étude lourde dès 2007 sur toute la ville pour identifier TOUS les aménagements à réaliser. Ils concernent bien sûr les bâtiments publics - mais là nous sommes déjà très avancés –, mais surtout, comme beaucoup de villes, l’espace urbain. Pour le centre ville cela tombe plutôt bien car nous allons pouvoir en tenir compte pour le vaste projet « pentagone 2006-2020 » qui a justement pour objectif de requalifier l’espace public. Cette politique concerne également les autres quartiers de la ville, mais aussi toutes les politiques publiques comme l’accès aux lignes de bus, le développement de handibus, la possibilité d’utiliser les équipements publics et de loisir, etc.
Cette politique qu’il faut accélérer et inscrire dans la durée n’est pas nécessaire seulement pour les mal voyants où pour ceux obligés de se déplacer en fauteuils roulants. Beaucoup plus de personnes sont concernées : personnes âgées, à mobilité réduite, familles avec des enfants en bas âge et utilisant des poucettes, etc. Oui notre ville agréable à vivr et elle a les moyens d’être encore plus accessible à tous !
Bien sûr la question des personnes handicapées ne se résument pas à ces aménagements. Il y a le logement - et en ce domaine nous agissons par la politique que nous menons au niveau du Pays Yonnais pour aider adapter les logements -, mais aussi l’emploi, le revenu… Mais là, il s’agit d’une politique nationale, largement décentralisée auprès de tous les conseils généraux qui doivent mettre en place une vraie « maison du handicap »,ce qui est en cours, mais c’est un autre sujet, vaste et tout aussi important !
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