Ce samedi 4 septembre à la Roche sur Yon
comme dans toute la France une très large mobilisation s'est réalisée d'abord contre la politique sécuritaire de Sarkozy. Politique qui est en échec total depuis 2002. Plus largement la
mobilisation enfle contre la politique de Sarkozy. Cet été fut l'été de la honte pour ce gouvernement qui veut faire oublier qu'il est le gouvernement des riches.
Comme le rappelle mon ami André Laignel, secrétaire général de l'Association des Maires de France,
l’année qui vient
de s’écouler est l’année la plus noire pour les communes et pour la France.
Après la réforme territoriale, le bouleversement fiscal, les restrictions
financières, le garot imposé aux collectivités, le pouvoir sarkosyste touche désormais à l'essence même de notre démocratie : les
libertés !
Tout est sujet à contraindre, contrôler, encadrer… et
asservir.
Tous les moyens sont bons y compris ceux qui nous renvoient aux heures les
plus funestes de notre histoire : les amalgames xénophobes, la discrimination, la stigmatisation, la suspicion et au final les boucs émissaires avec la volonté de diviser les
citoyens :
On oppose les
origines : les français dit "souche" et ceux d'origine étrangère pour expliquer les violences. Or comme le dit le maire de Grenoble,
durement éprouvé cet été, sa ville est riche de sa diversité et seuls 20% des familles de sa commune peuvent revendiquer deux générations grenobloises !
On oppose les modes de vie : ceux qui ont choisi de
vivre en voyageant et ceux qui ont opté pour la sédentarité !
On
oppose les "utilités sociales" en ne retenant que
le concept de productivité : les salariés face aux chômeurs, les jeunes face aux vieux, les retraités face aux actifs.
On oppose les valides aux
malades….et on voudrait même que demain les malades psychiatriques ne soient plus considérés comme des hommes !
On oppose enfin les maires entre
eux : les laxistes et les bons élèves… on les stigmatise sur cette notion de sécurité, thème récurrent et favorit de Sarkosy qui lui sert de
diversion à chaque fois qu'il a besoin de masquer les échecs de sa politique !
Dans une circulaire du 22 juillet dernier,
Brice Hortefeux demande aux préfets d'interroger les maires pour savoir, je cite : "si les maires pratiquent ou non le rappel à l'ordre, s’ils ont mis en place
dans leur commune un conseil des droits et devoirs des familles, s'ils ont mis en place des outils de lutte contre l'absentéisme scolaire " …
Il est dit, texto, qu’il « faut mettre plus de caméras dans les quartiers sensibles et sur la voie publique » et
qu'un décret va rendre "obligatoire des études visant à installer des caméras dans les périmètres ANRU" mais que ces études " doivent définir les besoins
et préconiser l'installation de la vidéo" ! …. Vous paierez donc des études (obligatoires) mais celles-ci ont d'ores et déjà pour conclusion de
vous imposer la vidéo !!
Tout est fait pour légitimer la sécurité
républicaine ! Mais la ficelle est trop grosse, la sécurité républicaine à la "sauce sarkosy" est un échec !
L'insécurité républicaine, c'est d'abord
l'insécurité sociale et économique qu'a instaurée le gouvernement depuis 8 ans qu’elle est au pouvoir avec le chômage, la réduction des aides aux associations qui œuvrent à la cohésion sociale,
le peu d'avenir pour les jeunes exclus, les menaces sur les retraites, le manque de perspectives pour une nation qui se cherche et dont on invite les citoyens à se dresser les uns contre les
autres.
Notre conscience nous interdit de nous taire et
de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile. Notre mobilisation de ce jour est un sursaut, une révolte, et je dirais un acte de résistance.
Cette résistance sans concession, à laquelle
aspirait Albert Camus, dans son discours de Stockholm alors qu’il recevait le prix du Nobel de littérature.
Une résistance à toute forme d’oppression où
il rappelle que « chaque génération doit empêcher que le monde se défasse ».
Il parle de sa génération, celle de 1957, mais qui est
aujourd’hui aussi la nôtre, la vôtre… tant son discours reste actuel :
une génération dit-il « héritière d'une histoire … où
de médiocres pouvoirs peuvent aujourd'hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l'intelligence s'est abaissée jusqu'à se faire la servante de
la haine et de l'oppression… »…
Il ajoute : « Devant un monde menacé de
désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d'établir pour toujours les royaumes de la mort, cette génération sait qu'elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre,
restaurer … une paix qui ne soit pas celle de la servitude … et refaire avec tous les hommes une arche d'alliance ».
Je salue votre présence à tous : citoyens,
associations, organisations syndicales, partis politiques, fédérations, car notre mobilisation doit sonner comme un avertissement qui consiste à dire aux plus hautes autorités
que notre République n'est pas celle des peurs, des persécutions et des égoïsmes… c’est celle du respect, de la solidarité et de la justice.
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